Né sur un bateau, d’une mère angolaise et d’un père congolais (RDC), formé à Bordeaux, passé par l’Espagne et aujourd’hui titulaire au Lille Olympique Sporting Club et sélectionné en équipe de France, l’histoire de Rio Antonio Mavuba n’est pas banale.


Né le 8 mars 1984 sur un bateau d’immigrants entre l’Angola et la France (ses parents fuyaient la guerre civile angolaise, pays de sa mère), Rio Mavuba arrive à Bordeaux. Fils de Mafuila Mavuba, ex-international congolais (membre de la 1ère équipe d’Afrique Noire à atteindre une phase finale de Coupe du Monde avec le Zaïre en 1974), il s’oriente lui aussi naturellement vers le ballon rond. Il intègre les Girondins de Bordeaux dès l’âge de 7 ans et franchit tous les niveaux. Persévérant et travailleur, il devient rapidement un des espoirs bordelais, avec Planus et Chamack. Il débute en Ligue 1 à 19 ans en 2003, saison durant laquelle il va disputer 20 matches de L1, et où il se forge une première expérience européenne (5 matches de C3). Les deux saisons suivantes, il est un des hommes de base du système bordelais (38 puis 37 matches). Mais la dernière saison se passe moins bien que prévu : Ricardo ne lui fait plus confiance et lui préfère Pierre Ducasse. Désireux de retrouver une place de titulaire, il est transféré à Villareal pour 7 millions d’euros. Mais là encore, tout n’est pas facile : sans la confiance de Pellegrini, l’entraîneur, Mavuba joue très peu (5 matches seulement). En manque de temps de jeu, il revient donc en France et atterrit à Lille, sous forme de prêt.

Son parcours chez les Dogues

Séduit par le discours de Claude Puel, il opte pour le LOSC (Lille Olympique Sporting Club qui est pourtant dans une situation délicate (15ème à son arrivée). Un pari très risqué, mais dès ses premiers matches, Mavuba peut exprimer son talent et ne s’en prive pas. Patron du milieu de terrain, il contribue à solidifier le bloc lillois, si bien que d’une position délicate, les Lillois se sont remis à rêver à l’Europe. En apothéose, le match face à Strasbourg, où non content de faire la loi au milieu de terrain, il marque le but décisif (son 2ème seulement chez les pros !). Auteur d’une belle série (4 victoires, 4 nuls, 1 seule défaite… face à Lyon), Lille peut de nouveau retrouver un standing conforme à son rang, et le trident Mavuba – Makoun – Cabaye n’y est pas pour rien.

Son parcours en sélection

Apatride jusqu’en 2004, il participa à un rassemblement de l’équipe de RDC mais il obtient la même année la nationalité française et intègre immédiatement l’équipe de France espoirs dont il devient le capitaine. En point d’orgue, il conduit les Bleuets jusqu’en demi-finale de l’Euro espoirs en 2006. Entre temps, il a été appelé par Raymond Domenech pour intégrer les Bleus et il fête sa première titularisation face à l’Irlande en éliminatoire de la Coupe du Monde 2006 (0-0), un match où il sombre complètement face au physique irlandais. Beaucoup reprochent à Domenech de l’avoir lancé aussi jeune dans un tel match, mais Rio a connu d’autres galères. Sélectionné avec parcimonie depuis par le sélectionneur, il est rappelé pour le match de l’équipe de France A’ face au Mali (victoire française 3-2). Mavuba, à 3 mois de l’Euro, veut convaincre le sélectionneur de l’emmener dans le groupe des 23. La concurrence est rude, mais qui sait ?

Son jeu

Comparé à ses débuts à Jean Tigana, Mavuba possède de grandes qualités de récupération. Son petit gabarit (1m71) ne le favorise pas dans les combats physiques, mais il compense par une activité incroyable, à la manière d’un Claude Makélélé, mais en plus ses qualités lui permettent de relancer le ballon très proprement. S’il doit encore travailler sa frappe de balle, il reste du temps à Rio pour prendre du « coffre », lui qui impressionne déjà les observateurs par son volume de jeu.

Par Rico29 de notre partenaire l’Univers de l’entraineur

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