Impressionnante Guinée-Bissau ! Après avoir malmené le Mena du Niger, elle a manqué in extremis, ce mardi, d’épingler les Étalons du Burkina, lors de la deuxième journée au tournoi de l’UEMOA dans le groupe A, où le Niger s’est relancé en soumettant un Togo apathique 3 à 0.


De notre correspondant

« Nous l’avons échappé belle », a confessé Gualbert Kaboré le coach du Burkina au coup de sifflet final du match contre les Jurtus de la Guinée-Bissau, ce mardi à Niamey. Pourtant la demi-gifle administrée au Mena du Niger par ses adversaires du jour, lors de la première journée, aurait dû résonner aux oreilles des siens comme une mise en garde. Mais les Burkinabè ont fait la sourde oreille et ont eu chaud. S’ils sont les premiers à se montrer menaçants dans cette partie, réussissant même à scorer à la demi-heure de jeu sur un coup franc savamment botté du pied gauche par Issa Gouo, les Étalons sont à la peine. Nullement désarçonnés, les Bissau-guinéens prennent le contrôle total de l’entre-jeu, impriment leur rythme à la rencontre et se créent des occasions nettes de but. La défense burkinabè subit, plie et rompt finalement à la 41e minute. Suite à un cafouillage indescriptible, Emiliano Joao Gomès, réussit l’égalisation d’une tête plongeante.

La deuxième période du match est une succession de ratées incroyables. Malgré un jeu mécanique fait de passes raides, les Étalons manquent par deux fois de prendre l’avantage. De leur côté, les Bissau-Guinéens s’ingénient de maladresses notamment par Dédé Djalo, qui profite peu des contres que lui offre Souleymane Gomez. À la 88e minute, il perd son face à face avec Sakandé, le portier burkinabè. Sur le corner qui s’en suivit la balle traîne devant une défense burkinabè tétanisée. Et Juvenal Correa expédie un missile qui s’en va mourir dans les filets d’Adama Sakandé. Croyant la victoire déjà acquise, les Bissau-Guinéens se font rejoindre au score à la toute dernière minute des arrêts de jeu par Ocansey Mandela. Étincelants face au Togo, les Etalons ont été méconnaissables. Côté Guinée Bissau, que de regrets !

Dos au mur, le Mena sonne la révolte en plumant les Eperviers

Malmené lors de la première journée par la Guinée-Bissau, le Mena du Niger, était contraint au résultat. Face aux Éperviers du Togo, les hommes de Doula, jouaient gros. Dans ce match couperet, la résistance togolaise aux incursions du Mena n’aura duré qu’une demi-heure. Plus exactement 36 minutes, juste le temps pour Idrissa Lawali, dit Pélé, de montrer la voie à ses camarades. D’une frappe sourde et lourde, le capitaine nigérien a cloué le portier togolais et donné la voix au public du stade Seyni Kountché. Mais pour être totale, l’opération rachat des locaux devrait se conjuguer avec beaucoup de buts. Et, en deuxième période, les hommes du coach Doula, ont littéralement asphyxié les Togolais. Leurs assauts répétés des Nigériens finissent par affoler leurs adversaires. Et, à la 55e minute, un défenseur togolais manie grossièrement le ballon dans la surface de réparation. Chargé d’exécuter la sentence suprême, Abdoul Aziz Hamza prend le gardien togolais à contre-pied. 2-0. Le stade Seyni Kountché bourdonne au son des assourdissants vuvuzela. Mais courageusement, les Togolais essaient de donner la réplique. À la 65e minute, ils parviennent à inquiéter Losseni Doumbia, le gardien nigérien sur un coup franc lointain. Ils jouent mieux. Juste une éclaircie dans un ciel totalement obscurci. Les Nigériens soutenus par tout un peuple, en veulent plus d’autant que le Burkina, leur prochain adversaire, a calé face aux Bissau-Guinéens. À la 73e minute, les Togolais frôlent la correctionnelle qui s’abat finalement sur eux 8 minutes plus tard. Sur un centre venu de la droite, Issoufou Hinsa seul dans la défense togolaise, d’un contrôle somptueux, crucifie Sadate Essoazina, le gardien togolais. 3 à 0.

La messe est dite pour le Togo qui nul doute, paie là l’incurie de ses dirigeants sportifs englués dans des querelles intestines. Sans compétition depuis deux ans, les footballeurs togolais, ne pouvaient faire que de la figuration. Quant au Niger, cette victoire convaincante est peut-être le signe que la contre-performance contre la Guinée Bissau n’était qu’un faux pas. Désormais premier du groupe A, il réaffirme ses intentions pour la victoire finale. Mais avant, il devra demain arracher l’unique ticket pour la finale contre un Burkina Faso meurtri. Troisième du groupe avec deux points, la Guinéé-Bissau opposée au même moment contre le Togo, restera en embuscade. À défaut de décrocher son billet pour la finale, elle tentera de gagner, pour la première fois, un match dans cette compétition. Ce ne serait pas volé.