“4 ans de gabegie, libère le football camerounais” : des banderoles anti-Eto’o avant l’élection Fecafoot

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Ce samedi, en marge de l’élection pour la présidence de la Fecafoot, qui cristallise de nombreuses tensions au Cameroun, une partie se soulève publiquement contre Samuel Eto’o. Alors que l’ancienne gloire mondiale du Barça est seul en lice pour sa propre réélection, des manifestations ont éclaté aux abords du Centre d’excellence de la CAF à Mbankomo, où se tient l’Assemblée générale élective.

Les banderoles brandies ce matin ne laissaient aucune place au doute. Parmi les slogans les plus marquants, on pouvait lire « Eto’o libère le football camerounais », « Les acteurs disent non à 4 ans de gabegie », « La FIFA complice de la mort du football camerounais depuis 4 ans », « Non aux détournements de l’argent du football » ou encore « Les arbitres réclament leurs salaires ».

Une contestation visible, bruyante et assumée

Symboliquement, la révolte ne vient plus uniquement de la base, mais de clubs structurés comme Jeunesse Stars, présent sur place pour dénoncer sa mise à l’écart des compétitions de jeunes. La critique s’étend donc désormais du domaine technique au domaine institutionnel.

Ces pancartes résonnent avec le climat observé ces dernières semaines dans la presse, où certains journaux qualifient la gestion d’Eto’o de “poison ou de “quatre ans de sabotage”. Le contraste avec l’icône adulée qu’il fut est saisissant. Celui qui promettait de relever le football camerounais le voit désormais utilisé comme symbole d’échec par une partie de l’opinion.

Un symbole abîmé, mais pas renversé

Malgré ces scènes fortes, Samuel Eto’o se présente sans opposant après l’invalidation de la candidature de ses adversaires. L’élection devrait donc avoir lieu, sauf intervention de dernière minute – ce que redoutent certains, mais que rien ne garantit. La FIFA et la CAF ont été invitées à superviser le scrutin, et le spectre d’une sanction pour ingérence plane toujours sur le Cameroun, ce qui limite la marge d’action du gouvernement.

Comment celui qui a porté le Cameroun sur la scène mondiale peut-il aujourd’hui susciter autant de rejet ? L’ancien capitaine reste encore soutenu par une partie du public, mais l’image est fissurée. Cette journée marque peut-être un tournant, qu’il soit politique, symbolique… ou simplement un rappel que le football camerounais, en crise prolongée, ne se répare plus sur un nom.

“4 ans de gabegie, libère le football camerounais” : des banderoles anti-Eto’o avant l’élection Fecafoot

Louis Mukoma Fargues