Zambie-Ghana, c’est la première affiche des demi-finales de la CAN 2012, qui va se tenir ce mercredi à 17 heures (stade de Bata). Avec ses faux airs de classico entre l’équipe la plus joueuse du tournoi et une machine ghanéenne pleine d’individualités, l’opposition sera intense. Sûr des ses formules, Hervé Renard veut croire plus que jamais qu’il peut transformer le cuivre en or. Les Black Stars seront-elles une nouvelle fois protégées par leur bonne étoile ?


L’histoire d’amour entre la Zambie et la CAN continue. Après les baisers chastes échangés devant la Libye (2-2), les étreintes passionnées face au Sénégal (2-1) puis la Guinée équatoriale (1-0), la Zambie s’est enhardie au delà des (tours) préliminaires. On croyait à une passade mais c’est de la passion qu’a manifestée la Zambie, entreprenante, face aux Soudanais (3-0).

Alors que les observateurs lui promettent un mariage de raison avec le Ghana et la Côte d’Ivoire, l’occasion est trop belle pour la Zambie d’écarter un des derniers prétendants. Car s’il n y a pas d’amour mais que des preuves d’amour, c’est elle, sans conteste, qui en a le plus fournie dans cette compétition. Mais pour Goran Stevanovic, c’est sûr, les histoires d’amour finissent mal, en général : « J’ai vu plusieurs vidéos de la Zambie. On n’a pas tout à fait le même type de jeu. A nous d’imposer notre style et n’aura pas à se préoccuper de celui de l’adversaire. » C’est clair, il y aura de l’opposition de style dans l’air.

Le jeu et l’enjeu

Et… un vague air de classico ! Avec d’un côté un Kalaba, « le top niveau africain » pour son coach, dans le rôle du Messi, des partenaires au gabarit vif et technique pour le seconder, le peps Guardiolesque d’Hervé Renard et l’art de la guerre façon Puyol d’un Sunzu intelligent. De l’autre Mensah dans le rôle du méchant façon Sergio Ramos, un milieu de terrain bien compact dans le pur style Mourinho et un André Ayew au pied droit ronaldesque… Mais avant d’être Galactiques, les (Black) Stars de Stevanovic doivent se hausser au niveau de l’enjeu : une place pour la finale. Car jusqu’ici, les coéquipiers des frères Ayew ont trop souvent insulté le jeu avec une insolente réussite. Les victoires étriquées contre le Botswana (1-0) et le Mali (2-0), pas plus que la triste prolongation contre la Tunisie n’ont permis au potentiel ghanéen de s’exprimer. Pourtant, à l’inverse d’un Niger ou d’un Soudan en manque de leaders techniques, l’effectif des Black Stars recèlent quelques pépites, André Ayew en tête (de gondole), mais aussi Sulley Muntari ou Asamoah Gyan.

Alors, que penser de ce favori en pleine réussite ? Au final, c’est peut-être la Zambie la véritable anomalie de cette édition 2012 alors que ses trois concurrents assument de fermer le jeu. Lancé dans leur première pêche au gros, les Boulets de Cuivre espèrent avoir les reins assez solides. Une canne à pêche avait suffit contre les Soudanais, c’est sans doute d’un harpon dont auront besoin les hommes d’Hervé Renard. « Je ne vais pas vous dire que la Zambie est favorite face au Ghana, ça ferait rire tout le monde. Mais dans nos têtes, le Ghana ne nous est pas supérieur. On sera à 100% et on se prépare pour réaliser un exploit. Maintenant qu’on a atteint notre premier objectif, il ne faut pas s’en contenter. On risquerait de le regretter très longtemps. Notre adversaire a une pression du résultat que nous n’avons pas, à nous d’en profiter« , ambitionne le technicien français. Et peut-être alors les Ghanéens méditeront-ils trop tard ce proverbe zambien « Le poisson pris dans la nasse commence à réfléchir ». Il sera sans doute trop tard.