«Sur la base des rapports quotidiens de l’OMS, aucun pays africain jusqu’à ce jour, n’a été déclaré à haut risque. Par conséquent, la CAF décide de maintenir la programmation de toutes ses compétitions». Mercredi, la Confédération africaine de football (CAF) annonçait qu’elle ne compte pas laisser l’épidémie de coronavirus perturber les 3e et 4e journées des éliminatoires de la CAN 2021 programmées à la fin du mois, évoquant simplement la possibilité de matchs à huis clos. Mais, plus l’échéance approche, plus la tenue des différentes rencontres prend du plomb dans l’aile pour au moins trois raisons.

Les mesures des gouvernements

A l’heure actuelle, seuls 12 pays africains sont touchés par le coronavirus, et de manière souvent très limitée. Mais cela n’empêche pas les autres d’avoir peur ! Malgré l’absence de cas recensés chez eux, Madagascar, le Rwanda et le Kenya ont ainsi interdit les rassemblements sportifs d’envergure sur leur territoire et/ou le déplacement d’athlètes à l’étranger. Si Madagascar se dit prêt à envisager d’éventuelles exceptions, d’autres comme le Kenya se montrent plus fermes et pourraient aller au bras de fer. Encore plus radical : jeudi, le Lesotho a tout simplement annoncé qu’il suspend les voyages internationaux depuis et vers son territoire !

Les expatriés bloqués

Le sélectionneur de la Gambie, Tom Saintfiet, qui se plaint d’avoir 7 joueurs bloqués en Italie dans des zones de quarantaine, a été le premier à tirer la sonnette d’alarme à ce sujet. Tous les jours ou presque en Europe, de nouvelles mesures de restrictions des déplacements sont prises, des frontières sont même fermées. D’autre part, plusieurs pays africains, comme la RD Congo, appliquent eux-mêmes une période de quarantaine aux voyageurs venant de certains pays européens. Dès lors, on comprend bien qu’en cas de maintien des matchs, les expatriés sélectionnés risquent d’avoir bien du mal à honorer leur convocation, soit parce qu’ils se retrouveront bloqués dans le pays dans lequel ils jouent en Europe, soit parce qu’ils seront bloqués une fois arrivés à l’aéroport en Afrique. Voilà qui pose un réel problème puisque les sélections africaines s’appuient, pour la plupart, largement sur ces expatriés.

Jeudi, la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) a demandé à la FIFA le report du coup d’envoi des éliminatoires du Mondial 2022, censés débuter en mars sur ce continent, en employant cet argument. «Les équipes sud-américaines risquent de ne pas pouvoir compter sur des joueurs qu’elles ont convoqués et qui évoluent en Europe, pour la raison que ceux-ci, arrivant de pays avec un taux élevé de contagion, pourraient être placés en quarantaine», a souligné l’instance. Il en va de même en Afrique.

L’Europe, l’Asie et l’Amsud tous à l’arrêt

Bien sûr, rien n’oblige la CAF à imiter les autres confédérations, mais si l’Asie, berceau de l’épidémie, a reporté les éliminatoires du Mondial 2022, si l’Amérique du Sud le réclame aussi et si les sélections européennes s’apprêtent à annuler leurs matchs amicaux de mars, c’est bien pour une raison, et il ne serait pas étonnant que l’Afrique, bien que moins touchée par le coronavirus, finisse par suivre le mouvement.

Le plan B : recourir aux locaux

Au cas où la CAF reste campée sur ses positions, les sélections africaines n’auraient pas d’autre choix que de recourir massivement à des locaux pour compléter leur sélection A, ce qui pourrait d’ailleurs servir de grand galop d’essai au CHAN 2020 (l’équivalent de la CAN pour les joueurs locaux) programmé au Cameroun du 4 au 25 avril prochains.

Jeudi par exemple, le sélectionneur de la Guinée, Didier Six, a révélé avoir déjà préparé un plan B en cas de problèmes avec les expatriés : «Je ne sais pas les mesures prises par les autorités guinéennes. Mais s’il y avait un problème avec un joueur convoqué, on a déjà une préliste de 10 joueurs locaux auxquels on pourrait faire appel. C’est aussi clair.»

Notons que même en cas de report des 3e et 4e journées des éliminatoires de la CAN 2021, il serait tout à fait envisageable que le CHAN soit pour sa part maintenu étant donné qu’il ne concerne que les joueurs basés en Afrique.