On lui promettait la lune mais la génération dorée de la Côte d’Ivoire, aussi talentueuse soit elle, n’a pas encore réussi à glaner les titres. CAN et Coupe du monde se refusent à ses Éléphants qui auront trente ans bien tassés lors du Mondial 2014. Drogba, Zokora, les frères Touré et leurs coéquipiers sont sans doute passés à côté de quelque chose de grand.


Ils sont nés au football ensemble : sur les terrains vagues de Côte d’Ivoire puis sur les vertes pelouses de Sol Béni, le prestigieux centre de formation de l’ASEC Abidjan. On leur promettait monts et merveilles au Gervinho, Kolo et Yaya Touré, Romaric et autres Didier Zokora et Arthur Boka. Malheureusement, la génération dorée de la Côte d’Ivoire ne gagnera sans doute jamais rien.

A l’image du capitaine de route, une « pièce rapportée », Didier Drogba. Le meilleur buteur de toute l’histoire des Eléphants aura 36 ans à l’occasion de la Coupe du monde 2014, organisée par le Brésil. Est-ce que le buteur de Chelsea sera de la partie ? « C’est une bonne question mais je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, expliquait l’ancien attaquant de l’OM après l’élimination prématurée de la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud. Tout ce que je sais c’est que je suis fier d’avoir fait parti de cette équipe. » La majorité du groupe emmené par Sven Goran Eriksson au Mondial 2010 sera largement trentenaire au moment de se rendre en Amérique du Sud.

Pas de gardien

Pour Didier Zokora et ses 88 capes depuis 2000, ses Eléphants-là méritent encore une chance. « Nous sommes très confiants avant la prochaine Coupe d’Afrique des Nations parce que nous voulons remporter des titres et que nous avons des grands joueurs dans des grands clubs européens », expliquait le milieu de terrain du FC Séville. Mais, depuis une dizaine d’années, ce groupe n’a qu’une finale de CAN en 2006 comme ligne au palmarès. Certes, les Ivoiriens se sont qualifiés pour la première fois pour le Mondial 2006 puis ont réédité l’exploit en 2010. Mais, avec autant de talent à tous les niveaux, les Eléphants, malheureux au grattage des poules (Argentine, Pays-Bas, Serbie puis Brésil, Corée du Nord, Portugal) ont déçu. Maestro ne se laisse pas démonter : « Eriksson a changé pas mal de choses dans l’équipe. Le principal changement c’est que, maintenant, nous jouons en équipe alors qu’avant c’était plutôt un lot d’invidualités. Avant, nous donnions le ballon à Gervinho ou Salomon Kalou qui s’en allaient dribbler. Mais, là, quand nous perdons le ballon, nous resserrons les espaces. Nous sommes devenus très disciplinés. »

Certes, le technicien suédois a changé la donne dans le troupeau des Eléphants mais la Côte d’Ivoire affiche toujours une carence latente : l’absence d’un gardien de très haut niveau. Copa Barry n’est pas au niveau de ses rivaux africains (le Nigérian Enyeama, le Ghanéen Kingson ou l’Egyptien El Hadary) et encore moins des meilleurs portiers européens. La défense nouvelle Zokora-Touré, les « Cannavaro et Nesta » de l’ASEC, a sans doute rassurée mais le rêve de l’ancien Stéphanois en prend un coup avec le départ plus que probable du technicien suédois, l’entraîneur le plus reconnu que les Africains de l’Ouest ont jamais eu. « C’est dommage de quitter l’Afrique du Sud alors que l’équipe devient meilleure à chaque rencontre », affirmait l’ancien boss de l’Angleterre et du Mexique.