Côte d’Ivoire-Burkina Faso : Alban Lafont visé par une polémique déplacée avant ses retrouvailles face à son ex-future sélection

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Le contexte était déjà particulier. Il est devenu malsain. Avant le 8e de finale de la CAN 2025 entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso mardi, Alban Lafont s’est retrouvé au cœur d’une polémique déplacée sur les réseaux sociaux, conséquence directe de sa prestation ratée face au Gabon… mais surtout d’un climat qui a dépassé le simple cadre sportif.

Tout part d’une performance manquée contre le Gabon le 31 décembre (3-2). Titularisé après avoir passé les deux premiers matchs de cette CAN 2025 dans l’ombre de Yahia Fofana, Alban Lafont est passé à côté de son match, suscitant logiquement des critiques. Mais très vite, une partie du débat a glissé vers autre chose.

Un match raté par Lafont, des critiques qui dérapent

Sur certaines pages ivoiriennes, des propos à caractère discriminatoire ont émergé. Certains internautes sont allés jusqu’à suggérer que le gardien serait « en mission » pour l’AES (l’Alliance des États du Sahel, composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ndlr) et aurait volontairement commis ses bourdes dans le but que la Côte d’Ivoire termine 2e de son groupe et évite le Burkina Faso en 8es de finale de la CAN 2025, d’autres ont ressorti une ancienne photo de Lafont portant le maillot du Burkina Faso, cherchant à alimenter le soupçon.

« Ce genre de “plaisanterie” a dépassé les limites. On peut critiquer un mauvais match autrement » a dénoncé la page Soutien aux Éléphants, dénonçant des « propos discriminatoires tenus contre Alban Lafont ».

Un rappel nécessaire à une époque où chacun peut se construire une audience, sans toujours mesurer la portée de ses propos. Critiquer un joueur est légitime. L’attaquer sur ses origines ou lui prêter des intentions politiques ne l’est pas.

Le choix international d’Alban Lafont continue de diviser

Cette polémique ravive un dossier déjà sensible. Né à Ouagadougou, où il a passé les premières années de sa vie, éligible pour la France, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, Alban Lafont a finalement opté pour les Éléphants.

Un choix qui avait surpris, voire frustré, au Burkina Faso, où sa venue était attendue depuis longtemps par certains. D’autres, qui ne l’estimaient pas meilleur qu’Hervé Koffi, indiscutable au poste, et agacés par les hésitations de l’ancien nantais, y ont été assez indifférents.

Convoqué une seule fois avec l’équipe de France sans entrer en jeu en septembre 2022, Lafont a justifié son choix ivoirien par un attachement familial réel, bien que lointain : son arrière-grand-mère maternelle était ivoirienne. Un critère parfaitement conforme aux règles de la FIFA, mais qui relance le débat sur la notion de nationalité sportive.

Pour la Fédération ivoirienne, le dossier était clair depuis plusieurs mois. Emerse Faé, qui connaît bien le joueur pour l’avoir côtoyé à Nantes, a personnellement échangé avec lui avant sa convocation.

« C’est un privilège pour moi d’être ici. C’est une nouvelle étape dans ma carrière », avait déclaré Lafont lors de sa première prise de parole.

Le Burkina Faso respecte le choix de Lafont

À son arrivée, le gardien avait salué l’accueil du groupe et du staff, se disant prêt à aider la sélection dans la course à la qualification pour la Coupe du monde 2026. Il avait appelé à l’unité, conscient du contexte particulier entourant sa décision.

Mais son match manqué contre le Gabon a ravivé toutes les crispations. À tel point que son nom se retrouve aujourd’hui associé à une polémique qui dépasse largement le terrain, alors même qu’il devrait vivre la rencontre face au Burkina Faso… sur le banc.

Comme l’a reconnu Brama Traoré, sélectionneur du Burkina Faso, dès août 2025 :

« Il est allé avec la Côte d’Ivoire, je lui souhaite bonne chance. Je n’ai plus de commentaire à propos de Lafont. »

Une position simple, digne, et probablement la seule à adopter.

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Louis Mukoma Fargues