Coup de théâtre à l’approche des élections pour la présidence de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot) programmées le 14 mai. Président sortant, Mamadou Antonio Souaré a en effet annoncé ce lundi qu’il renonce finalement à briguer un second mandat !

«Cette décision, je ne l’ignore pas, n’est pas forcément partagée par tous, mais dans un souci de rapprochement et de rassemblement, à l’heure où le devoir d’unité et d’exemplarité nous incombe, à nous dirigeants, elle reste la meilleure option pour moi. J’ai consacré tout mon temps, mon énergie et mes ressources personnelles au développement du football de mon pays et du continent, je ne souhaite pas être associé d’une quelconque manière au blocage de notre sport-roi», s’est justifié le dirigeant à travers un communiqué. «Soucieux de préserver les intérêts supérieurs du football guinéen, j’ai donc décidé d’opérer ce retrait qui doit être compris comme une volonté de réorienter mes actions vers d’autres secteurs de développement du football et du sport en général.»

Le coup de pression de Samoura

D’après la presse locale, cette volte-face fait suite à une réunion avec le chef de l’Etat, Alpha Condé, en présence, par visioconférence, de la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura. Durant cette entrevue, la Sénégalaise aurait expliqué que si Souaré est réélu, la Guinée risquait d’être sanctionnée en vertu des textes de la Feguifoot qui stipulent que tout candidat à la présidence «ne doit pas avoir été jugé coupable de violation du code d’éthique de la FGF, de la CAF ou de la FIFA durant les cinq ans précédant sa candidature.» Une manière habile pour la FIFA de mettre la pression tout en se lavant les mains puisqu’elle renvoie aux textes de la Fédération guinéenne…

Or, on rappelle que Souaré avait été considéré coupable de violations au code d’éthique de la FIFA par la commission d’éthique de l’instance dirigeante du ballon rond au mois de mars. Sauf que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) avait ensuite tranché en faveur du Guinéen en l’autorisant notamment à se présenter pour un poste au sein du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Pas plus tard que le 18 avril, la Feguifoot affirmait d’ailleurs dans un communiqué que «le Président Antonio Souaré est bel et bien éligible à la présidence de la Feguifoot. (…) En ce qui concerne la sentence de la Commission d’éthique de la FIFA, il est question d’un accord de fin de poursuite, qui précise que ‘Monsieur Antonio Souaré n’est pas interdit d’activités liées au football et qu’il peut continuer ses fonctions à la FIFA, à la CAF et à la FEGUIFOOT’», soulignait l’instance.

Mais les pressions exercées par la FIFA auront fini par convaincre Souaré de se retirer au nom de l’intérêt de la nation. Seul candidat en lice, l’ancien secrétaire général du club de l’AS Kaloum, Aboubacar Touré, devrait donc lui succéder en étant élu président par acclamations dans 3 semaines…