Nasser Adechokan a touché son rêve du bout des doigts. Un temps footballeur professionnel à Toulouse, ce Béninois de 26 ans est aujourd’hui menacé d’expulsion. La belle histoire a viré au cauchemar.


Au tournant des années 2000, le Toulouse Football Club dépose le bilan. Grâce à ses Pitchounes, une bande de jeunes joueurs sans expérience mais avec du talent plein les chaussettes, le club survit et retrouve la Ligue 1. Au milieu des Albin Ebondo, Alaixys Romao, Lucien Aubey, Daniel Congré ou encore Mohamed Fofana, Nasser Adechokan, un défenseur vif et agile.

Aujourd’hui, Nasser n’est plus un simple footballeur. Dans les jours qui suivent, cet ex-pensionnaire du centre de formation du Téfécé pourrait être expulsé vers le Bénin. En 2004, en effet, son contrat avec les Violets n’est pas reconduit. Il enchaîne les clubs locaux dans les divisions inférieurs (Les Fontaines, Castanet, Rodez FC ou Toulouse Saint-Jean) et suit en parallèle une formation dans l’aéronautique. « J’ai décidé de refaire ma vie ici. J’ai perdu toute attache au Bénin, y compris mes parents avec lesquels je n’ai plus aucun contact depuis dix ans, alors qu’ici il y a Alain et Nadine Aïgoun qui m’ont accueilli tout petit, et mes amis », explique-t-il à La Dépêche du Midi.

Un mois pour quitter la France

Lorsque le Béninois de 26 ans demande le renouvellement de son titre de séjour, il essuie un refus qui le conduit à être interné dans le centre de rétention administratif de Cornebarrieu. Il fait alors appel de cette décision devant le tribunal administratif de Toulouse. À propos de la décision du tribunal, Mme Aïgoun affirme : « C’est terrible, car il lui a fallu du temps pour rebondir après la décision du TFC. Il devait terminer une formation d’ajusteur-monteur de structure d’aéronef en janvier, mais cela reste en suspens. » Nasser Adechokan a été remis en liberté mais la décision de le faire expulser est renvoyée à une date ultérieure.

Difficile fin de rêve pour celui qui a quitté le Bénin à 14 ans. Trajectoire brisée. En 2006, sa demande de titre de séjour a été rejetée par la préfecture. Trois ans plus tard, le tribunal administratif a confirmé la décision administrative, sauf que Nasser s’est entre-temps marié à une Française. Mais son mariage n’a pas tenu. Adechokan n’a plus que quelques jours pour quitter le territoire français. Après quoi, il pourra être expulsé à tout instant vers le Bénin, son pays natal. Une pétition circule pour empêcher son renvoi au Bénin. « Tant que le Consulat du Bénin ne donne pas son accord, mon expulsion est impossible », conclut Nasser Adechokan, qui se raccroche à tous les espoirs possibles.