Il y a une semaine, Hervé Renard officialisait son départ du poste de sélectionneur du Maroc après trois ans et demi de bons et loyaux services. Comme on le sait, le technicien français avait déjà décidé de partir depuis près d’un an et il en a dit un peu plus à ce sujet au cours d’une interview accordée au 360.

«J’ai voulu partir après la Coupe du monde parce que j’estimais qu’on avait atteint le maximum en terme de qualité de jeu. (…) Je me suis dit que ça allait être difficile de tirer encore plus de cette équipe. On avait atteint le maximum de notre potentiel», a d’abord révélé le double vainqueur de la CAN. «Quand on atteint son maximum on sait que ça ne pourra pas être aussi bien après. C’est ce que j’ai ressenti. (…) J’en ai fait part à ma hiérarchie qui m’a demandé de continuer. J’ai accepté. On s’est mis d’accord pour un départ après la CAN. J’ai refusé toute augmentation de salaire car ce n’était pas le sens de ma démarche.»

«J’ai manqué d’autorité»

Invité à commenter le fiasco à la CAN 2019 (élimination en 8es de finale), Renard a révélé que tout n’était pas rose dans la tanière concernant les rapports humains. «C’est à moi avant chaque stage, chaque compétition, de décider de tout. Si quelque chose n’est pas maîtrisé c’est moi le responsable. J’ai manqué d’autorité. (…) J’ai fait confiance à des gens, staff et joueurs compris, jusqu’au bout, alors qu’il s’est passé des choses ces derniers mois et j’aurai peut-être dû prendre des décisions fortes. Elles auraient peut-être été mal perçues mais je n’ai pas su les prendre. Je n’en dirais pas plus… j’aurais dû prendre certaines mesures très fortes pour rétablir l’ordre», a mystérieusement poursuivi l’ancien coach de Lille.

Relancé, Renard n’a pas voulu lâcher le morceau. «Pourquoi ne pas l’avoir fait ? Parce que je ne me suis pas senti capable d’interrompre le cycle. On avait vécu tellement de choses que j’ai considéré qu’il fallait aller au bout ensemble quels que soient les problèmes rencontrés. Quelque part je ne le regrette pas ça fait partie de ma personnalité. Ça aurait été inhumain, et pour moi être inhumain c’est difficile», a conclu le technicien qui aura encore besoin de temps avant de vider totalement son sac à ce sujet.