Un pied décollé de quelques centimètres de la ligne, et c’est toute une qualification qui est remise en cause… Lundi, alors qu’elles tenaient le match nul face à l’équipe de France à la Coupe du monde féminine, les joueuses du Nigeria se sont inclinées 1-0 sur un penalty très contestable inscrit en deux temps par Wendie Renard qui a offert la victoire et la première place du groupe au pays-hôte.

Après avoir expédié sa première tentative sur le poteau, la Lyonnaise a en effet été autorisée à retenter sa chance puisque la gardienne nigériane, Chiamaka Nnadozie, avait ses deux pieds très légèrement décollés de la ligne et que la VAR l’a évidemment remarqué… Il y a quelques semaines, cette « faute » serait passée totalement inaperçue, mais depuis la nouvelle règle, qui autorise les gardiennes à avoir un pied – et un seul- décollé de la ligne de but, ce genre de cas est passé au peigne fin et la gardienne de la Jamaïque en avait elle aussi été victime il y a quelques jours contre l’Italie.

Dennerby préfère se taire, Ménès parle « d’arbitrage maison« 

Pas de quoi apaiser les Super Falcons, frustrées à juste titre par cette application bête et méchante du règlement en faveur du pays-hôte, alors qu’une grande tolérance régnait jusqu’à présent sur ce point. Le sélectionneur nigérian, Thomas Dennerby, est logiquement apparu très agacé après la rencontre. «Si je vous donne mon avis, j’aurai des problèmes et ils me renverront à la maison, c’est mieux si je ne dis rien», a pesté le technicien. «Je suis déçu. Mes joueuses ont été héroïques. La France est une très bonne équipe et n’a pas besoin de l’aide de qui que ce soit pour gagner un match.»

Même le consultant français Pierre Ménès a pris la défense des Nigérianes. «Alors moi je veux bien. Certains m’ont même dit sur Twitter : ‘c’est le règlement’. OK. Quand ? Quand applique-t-on cette règle, excepté quand le gardien avance d’un mètre voire plus ? Toujours est-il que Renard s’est rattrapée en transformant joliment sa deuxième chance. Mais entre le penalty, l’expulsion, le péno à retirer et le carton jaune pour la gardienne, il y a eu un petit côté ‘arbitrage à la maison’ qui saoule un peu», a confié le chroniqueur sur son blog.

Ironie du sort, il y avait en plus de la « faute » nigériane, une faute française puisque deux Bleues sont entrées dans la surface quand Renard frappait. Le règlement n’est pas très clair sur ces cas de « fautes simultanées » mais il semble que s’il y avait eu but, celui-ci aurait été annulé et le ballon rendu aux Nigérianes. Mais Renard a manqué sa (première) tentative, déclenchant une succession d’événements durs à avaler pour les Super Falcons qui vont maintenant devoir patienter pour savoir si elles termineront parmi les meilleurs 3es.

Le pied très légèrement décollé de Chiamaka Nnadozie

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Une double « faute » car, dans le même temps, deux Bleues sont entrées dans la surface

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