Moustapha Hadji, le milieu marocain, fait partie des joueurs qui ont marqué le ballon rond africain. Sa technique et sa vision de jeu lui ont permis d’être considéré comme l’un des plus grands artistes de l’histoire du football marocain. Et c’est justement avec son pays qu’il va connaître les plus beaux moments de sa carrière.


Moustapha Hadji a sublimé le monde entier par ses performances de haut vol avec sa sélection nationale. A tel point qu’il a été récompensé d’un Ballon d’Or en 1998 pour l’ensemble de son œuvre. Par contre, sa carrière en club n’a pas été à la hauteur de son talent. Le joueur marocain, qui vient de raccrocher les crampons, souhaite rester dans le football pour devenir entraîneur.

La relation entre le Maroc et Moustapha Hadji se résume à une belle histoire d’amour qui a emmené le milieu de terrain au sommet de son art. L’année 1998 est celle de la consécration pour ce joueur : il va aligner des prestations exceptionnelles avec sa sélection nationale. Notamment ce ciseau retourné acrobatique inscrit à la dernière minute face à l’Egypte lors de la CAN 98 qui permet à son équipe de se qualifier pour les quarts de finale. « C’est vrai. C’était un but marqué à la dernière seconde. J’ai toujours été béni d’Allah contre l’Egypte. Aujourd’hui, les Egyptiens m’accueillent toujours très bien chez eux malgré ce but qui restera ma plus belle réalisation », raconte-t-il. Ou ce but incroyable face à la Norvège après une course de soixante mètres qui donne l’ouverture du score à son équipe durant la Coupe du monde 1998. Mouss l’affirme : « C’était un beau but qui nous a permis d’ouvrir la marque contre une équipe qui était au top de l’Europe. J’ai aussi marqué en France devant les amis et la famille. » Deux grands moments inoubliables qui aboutiront à un Ballon d’Or africain dans la même année.

Le Roi du Maroc

Moustapha aime son pays. Pour preuve, il a refusé une sélection avec les Bleus pour porter les couleurs des Lions de l’Atlas. Il explique son choix : « La concurrence était beaucoup trop forte chez les Bleus. Et puis, le Maroc est toujours resté dans mon cœur, même si je dois ma carrière à la France. » Ainsi, il a pu disputer deux Coupes du monde avec le Maroc. D’ailleurs, il garde un très bon souvenir de celle de 1994 au Etats-Unis. Il souligne ce changement de dimension: « J’avais l’habitude de jouer devant 5 000 spectateurs, là je passe à 100 000, c’est un autre monde. Ce n’est pas le même métier. Cette Coupe du monde m’a donné un nouveau statut, ce fut un vrai virage. Jouer un Mondial à 22 ans n’est pas donné à tout le monde. » Le meneur de jeu marocain est vraiment attaché à son pays, pour lui la sélection nationale est plus importante qu’un club. Il a confié cette osmose sur Maroc Football : « Quand vous marquez avec l’équipe nationale, ce n’est pas comme en club. C’est quelque chose qui reste gravé. Vous représentez une nation. Lorsque vous marquez en équipe nationale, vous êtes sur un nuage. C’est quelque chose qu’on ne peut pas expliquer. En équipe nationale, tous les buts sont importants. »

La sélection nationale passe au second plan pour beaucoup de joueurs actuellement et Moustapha Hadji voudrait renverser la tendance en travaillant dans la fédération de football marocain ou devenir entraîneur. Ce changement de mentalité, Moustapha Hadji l’a bien compris. « Aujourd’hui, les joueurs sont plus individualistes, les gamins sont persuadés qu’en faisant des performances individuelles, ils vont être repérés par des agents et qu’ils vont faire évoluer leur carrière », raconte l’ex-Nancéien. « Il y avait plus un esprit de famille à mon époque. Les joueurs s’entendaient bien. Ils étaient contents de se retrouver. Les joueurs gardaient toujours le contact. » Le Lions de l’Atlas va passer prochainement ses diplômes d’entraineur. Hadji est une icône du football marocain et mondial qui reste dans le monde du football puisqu’il a été l’un des ambassadeurs de la Coupe du monde en Afrique du Sud.

Un artiste qui s’est éteint en club

Sa carrière en club n’a pas été aussi glorieuse qu’en sélection nationale. Le Marocain a connu des clubs de second rang en France avec Nancy, l’Espagne avec le Deportivo La Corogne et l’Espanyol Barcelone, le Portugal avec le Sporting Portugal et l’Angleterre avec Coventry. Puis il s’est égaré en Allemagne et au Luxembourg. Dans sa carrière en club, il n’a pas pu saisir l’occasion de jouer dans une grande formation. Il a eu du mal à conserver le niveau de jeu qu’il avait en sélection. Mais il affirme à avoir aucun regret dans ses choix de club et garde de bons souvenirs.

Notamment au Portugal, « là-bas, j’ai découvert le vrai football se remémore-t-il sur FIFA.com. On jouait devant 60 000 personnes, rien que pour les entraînements, ils étaient 3 000 ou 4 000. C’était une belle aventure, il a fallu s’affirmer dans un pays que je ne connaissais pas et dont je ne parlais pas la langue. Ma motivation était énorme ». En Espagne avec le Deportivo La Corogne, « c’est un magnifique souvenir car c’était un nouvel échelon à gravir. J’y ai beaucoup appris et à l’époque, il y avait presque la moitié de l’équipe du Brésil championne du monde en titre, comme Bebeto, Donato, Rivaldo ou Mauro Silva. » L’Angleterre avec Coventry et Aston Villa reste un grand moment pour l’homme aux 62 capes. « La Premier League, c’est une autre planète. Tout footballeur devrait le vivre au moins une fois. Le football y est une religion, le dimanche on sort le costume pour aller au match en famille. Je me souviens de la folie la veille du Boxing Day pour se procurer des billets, il y avait carrément des cotisations faites à Noël pour avoir l’argent nécessaire. En Angleterre, l’amour du club est unique. »

La succession est assuré dans la famille Hadji puisque son petit frère Youssef Hadji marche sur les traces de son frère lui qu’il évolue à Nancy actuellement et qui est l’un des attaquants indiscutable de la sélection marocaine avec Chamakh. Le prince Moustapha Hadji aura donné de la joie au peuple marocain. « C’est un symbole du football marocain, une idole pour tout un pays. Il a donné l’envie à tout les Marocains de France en 98 de porter le maillot nationale, affirme à Afrik-Foot.com Abdeslam Ouaddou, son coequipier à Nancy et en équipe nationale. c’est un homme qui a le cœur sur la main, c’est un leader, qui m’a aidé à me sentir à l’aise pour mon premier match avec la sélection marocaine face à l’Egypte pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2002. » Un bel hommage pour ce joueur qui restera graver dans le cœur des Marocains.