Assuré de finir 2e de Ligue 1 derrière le PSG, André Ayew a assisté dimanche soir aux célébrations des 20 ans de la Ligue des champions gagnées par le club olympien en 1993 face à l’AC Milan. Une rencontre à laquelle avait pris part son père, Abedi Pelé. L’occasion pour le Ghanéen d’évoquer à FIFA.com les anecdotes livrées par « papa Ayew ».


André, l’actualité de ce week-end n’est pas vraiment le match contre Reims sans enjeu (0-0), mais plutôt le 20e anniversaire de la victoire en Ligue des champions de 1993. En avez-vous quelques souvenirs ?

Le match lui-même pas trop car j’étais très jeune. Je l’ai découvert quelques années après en regardant la cassette. Je me souviens juste que c’était une grande fête à la maison ! C’était un moment très heureux pour toute la famille et tous les gens qui étaient là.

Votre père vous a-t-il souvent parlé de ce match dans votre jeunesse ?

Quand j’étais enfant, pas trop parce que je ne réalisais pas vraiment et je n’aurais peut-être pas vraiment compris. Mais après quand j’ai grandi et que j’ai commencé à jouer, il m’a souvent parlé de cette journée, de l’avant-match, de la concentration et de la préparation, de ce qu’il a ressenti après le match. Ce sont des moments qui sont ancrés dans sa tête, à lui et ses anciens coéquipiers, à vie. Il a marqué l’histoire du club. Aujourd’hui encore, je ne dis pas qu’il en parle tous les jours, mais c’est quelque chose qui est toujours présent et qui revient souvent dans nos conversations.

Sur quels points insiste-t-il particulièrement ?

Il parle souvent de cette force collective, de cet état d’esprit, de cette amitié qui existait entre eux. Il m’a toujours dit qu’ils avaient de très bonnes relations, qu’il y avait quelque chose de très fort, qui était en plus renforcé par les résultats. D’ailleurs le 26 mai, ils gagnent la Coupe d’Europe, et trois jours après ils gagnent le championnat contre Paris. De cette période, je me rappelle surtout qu’il avait tout le temps le sourire à la maison !

A-t-il osé avouer que sur le corner qu’il obtient et qui amène le but, c’est en fait lui sort le ballon en sortie de but ?

(rires) Non, ça franchement, il ne m’en a jamais parlé ! Mais en regardant les images, on l’a tous vu ! C’est comme ça, ce jour-là, tout était pour eux, tant mieux. En plus, c’est le corner qui donne le but de la victoire à Basile Boli. C’est quelque chose de grand, de très fort, et d’inoubliable pour eux.

A quel âge ou à quel moment avez-vous vraiment réalisé ce que cette victoire signifiait ?

Vers 12 ou 13 ans, j’ai vraiment compris ce que cela pouvait représenter. J’étais vraiment un fou de foot, je jouais tout le temps, je parlais tout le temps de foot, je regardais beaucoup de foot à la télé, et j’ai commencé à voir et revoir la cassette et comprendre ce que ça pouvait représenter. Et puis en grandissant, ça m’a donné de nouvelles émotions dans le sens où on rêve de connaître aussi un jour soi-même ces moments-là. C’est quelque chose de fort de se rendre compte que son père a vécu – et fait vivre – de tels moments.

Vingt ans après la victoire en 1993, est-ce encore possible d’imaginer l’Olympique de Marseille jouer et gagner une finale de coupe d’Europe ?

Evidemment, ce n’est pas impossible, il y a toujours des surprises. Mais honnêtement, il y a aujourd’hui une grosse grosse grosse distance entre nous et les meilleures équipes européennes ! Je ne pense pas que ça va rester ainsi pour toujours, mais il faut être réaliste, aujourd’hui, c’est très compliqué de rivaliser avec les grands d’Europe.

Justement, la Ligue des champions, vous allez la jouer à nouveau la saison prochaine. Si on vous avait dit en début de saison que l’OM finirait deuxième, l’auriez-vous cru ?

Franchement, oui. J’avais vraiment confiance en l’équipe, et même si pas tout le monde ne croyait à cette possibilité, moi j’y croyais. Même si le club avait fixé un objectif de cinquième place, nous les joueurs, on s’était fixé comme objectif d’être sur le podium. On savait qu’on en était capables, et ce n’est pas pour rien si l’année d’avant, on est arrivé en quart de finale de la Ligue des champions.

L’entretien d’André Ayew sur le site de la FIFA