En Afrique plus qu’ailleurs, la pandémie de coronavirus et l’arrêt des compétitions qui en découle risquent d’avoir de graves conséquences financières dans le milieu du foot. Le président de la Fédération sénégalaise (FSF), Augustin Senghor, ne cache pas son inquiétude à ce sujet si la situation venait à perdurer.

«Je ne sais pas comment on va tenir. Beaucoup de nos fonds de nos sponsors risquent d’être compromis. Nos partenaires vont appeler à une révision des termes des contrats. L’absence de compétitions internationales impacte également notre budget parce que le Sénégal fait partie du top 3 du football africain. Ça compte parce que ça attire des sponsors et nous recevions des droits commerciaux de la CAF et de la FIFA pour les éliminatoires de la CAN. Les prize money impactaient positivement notre budget, mais toutes ces ressources sont perdues. Si cette situation devait perdurer pendant quelques mois, l’équilibre de la FSF serait en péril», a admis le dirigeant pour France Info.

Senghor envoie un message à la FIFA et à la CAF

Une inquiétude d’autant plus compréhensible que la FSF finance le championnat local. «Depuis trois ou quatre ans, la FSF s’est engagée à financer l’intégralité des charges de fonctionnement et d’organisation de la Ligue professionnelle. Dans une logique normale, une ligue professionnelle sert à aider le football amateur et engranger, et pas l’inverse», a souligné le Sénégalais qui attend plus de la part de la FIFA et de la Confédération africaine de football (CAF).

«Au moment où l’on parle, la FIFA comme la CAF n’ont pas encore fait d’aide d’urgence. Ils ont libéré de l’argent, en anticipant les versements qu’ils donnent habituellement. (…) D’ici à fin juin, le conseil de la FIFA va voir quel appui d’urgence ils peuvent mettre en place. Et la CAF a décidé d’examiner une possibilité de faire un appui exceptionnel aux fédérations sur ses réserves pour aider les clubs et les fédérations», a expliqué Senghor en espérant de bonnes nouvelles de ce côté-là.