Cameroun : “mensonge”, “traque”, “diffamation”… Eto’o dénonce !

Silencieux depuis ses excuses publiques faites au sélectionneur, Marc Brys, le 30 mai, Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), a effectué une mise au point sur ses réseaux sociaux.

Mardi, les Lions Indomptables ont bouclé leur trêve internationale par un résultat nul (1-1) en Angola, trois jours après l’éclatante victoire 4-1 à domicile face au Cap-Vert, pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Ceci, sans le président de la Fecafoot et Samuel Eto’o, écartés par le ministère des Sports, au vu du bras du fer opposant les deux entités.

Jeudi soir, l’ancien attaquant a pris la parole sur son compte officiel Instagram. Ceci, en vue d’opérer une “MISE AU POINT” (sic) majuscule comme on peut lire en légende d’une image sur laquelle est écrit “NON à la Manipulation !” en en-tête d’un dessin illustratif aux couleurs du drapeau camerounais. Un message destiné donc à la nation.

“L'adversité me traque (…) les mensonges me harcèlent (…) la diffamation veut m'abattre”

“Mes Chers ami.e.s, que serai-je sans votre affection ? Je suis béni de compter mes amis par millions. Combien de légions êtes-vous pour faire rempart face à l'adversité qui me traque ? Vous plaidez ma cause quand les mensonges me harcèlent. Vous me défendez contre la diffamation qui veut m'abattre. Vous faites barrage quand la mauvaise foi m'accable. Je vous en remercie infiniment. J'ai consacré ma vie au football. Joueur depuis mon enfance jusqu'à l'âge adulte et, aujourd'hui, dirigeant sportif, j'ai donné le meilleur de moi-même. Elu à la tête de la Fecafoot, je m'efforce de relever notre football. Je travaille vingt heures par jour pour offrir à notre jeunesse les commodités qui ont manqué à ma génération. C'est un sens donné à ma vie que de transmettre et servir mes cadets”, écrit Eto'o, qui dort donc visiblement seulement quatre heures par nuit maximum.

“Je ne suis pas candidat à la présidence du Cameroun”

Mais à quoi la star fait-elle allusion ? À son bras de fer houleux avec le ministère des Sports qui a éminemment écorné l’image du Cameroun ? Peut-être que oui. Peut-être que non. En fait, le meilleur buteur de l’histoire des Lions Indomptables a dénoncé les rumeurs selon lesquelles il serait candidat aux élections présidentielles au pays en 2025. Et ce, alors que le président sortant, Paul Biya, avec qui il entretient une relation de père-fils susceptible de faire des envieux, devrait briguer un huitième mandat consécutif (il aura alors 92 ans). Ce qu’il s’est empressé de démentir, pour ne pas se mettre en délicatesse avec celui aux côtés duquel il était assis le 20 mai dernier, à l’occasion du 52e anniversaire de la réunification du Cameroun, au nez et à la barbe de ses détracteurs de l’Exécutif, dont le ministre des Sports.

“Vous, qui m'aimez et m'appréciez, savez que je ne me cache pas pour exprimer mes idées. Oui, en 2018, j'ai voté pour le Président Paul Biya. Et je lui conserve mon soutien indéfectible. Je l'assume. Et non, je ne laisserai personne me priver de mes droits de citoyen. En ce qui me concerne, soyons clairs : la présidence de la Fecafoot n'est pas un tremplin pour accéder à la Présidence de la République. Je le redis haut et fort : Moi, Samuel Eto'o fils, je ne suis pas candidat à la présidence du Cameroun. Cette clarification me semble nécessaire pour que cesse cette focalisation malsaine sur ma modeste personne. Elle fait souffrir ma famille, fait peur à mes amis, entrave notre projet sportif et fait peser une menace sur ma sécurité. Soyons constructifs. Rêvons grand pour notre ‘Continent’, donnons le meilleur de nous-mêmes chacun à la place qui est la sienne. Redonnons au football camerounais toute sa grandeur.”

Clair et net. Même si cela ne devrait pas mettre un stop à ces bruits de couloirs persistants. Pour preuve, fin février, le quarantenaire avait démenti cette information alors qu’il annonçait le départ de l’ex-sélectionneur Rigobert Song. Un coup d’épée dans l’eau visiblement. A noter que certains accusent Eto'o, à travers ce message, de chercher simplement à détourner l'attention alors qu'une nouvelle polémique le cible avec la suspension par la Fecafoot de son ex-mentor Gilbert Kadji.

Cameroun : “mensonge”, “traque”, “diffamation”… Eto’o dénonce !
Prudence Ahanogbe

Couteau suisse de la rédaction footballistique, je perce mon trou grâce au dépassement de soi. Sur mon versant gauche, un don indescriptible pour l’écriture, un peu comme Messi, et sur le versant droit, beaucoup de travail, à la Cristiano Ronaldo.