Si tous les yeux seront sans doute braqués vers Libreville, siège de la finale de la CAN 2012, le stade de Malabo va offrir une dernière chance au Mali et au Ghana de briller sur la scène africaine. Alors que les deux formations ont encore un goût de cendres dans la bouche, il faudra surmonter sa déception pour s’ouvrir une porte de sortie plus digne de leur statut.


Bien que sortis par la Côte d’Ivoire et la Zambie, le Mali et le Ghana ont encore un dernier match à jouer. Si la troisième place fait toujours figure de lots de consolation, les deux équipes ne paraissent pas démobilisés à l’approche de la rencontre qui aura lieu samedi. Pas le temps de digérer sa déception, tout de suite se projeter dans un nouveau challenge, c’est sans doute ce que pouvait espérer de mieux Goran Stevanovic et Alain Giresse.

« On va retrouver le Ghana qu’on a joué au premier tour. Mais ce match pour la 3e place est toujours très particulier, c’est l’affrontement entre deux équipes qui ont perdu. Il y a un aspect moral important, car chaque équipe est touchée moralement« , expliquait d’ailleurs le sélectionneur des Aigles. Si une victoire ferait du bien aux deux équipes, c’est sans doute la formation du sélectionneur serbe qui part favori de la rencontre. Solides mais pas vraiment impressionnants depuis le début de la compétition, les coéquipiers des frères Ayew restent sur une vraie déception. Alors qu’ils décidaient enfin de produire du jeu dans un match qu’ils avaient pris à leur compte, les Black Stars ont été surpris par un Mayuka des grands soirs (1-0). Les deux équipes n’ayant plus rien à perdre, les Ghanéens seraient donc bien inspirés de lâcher la bride et de persévérer sur la voie empruntée à Bata. Avec un trident offensif André Ayew-Asamoah Gyan-Jordan Ayew un brin plus réaliste, et un duo Annan-Asamoah à son meilleur niveau, les Black Stars sont irrésistibles, et partent favoris des bookmakers.

Le Mali broie du noir

A la peine face à des Ivoiriens supérieurs dans tous les compartiments du jeu, les Maliens seraient, eux aussi, bien inspirés de ne pas faire de calcul. Alors qu’on ne les a jamais vraiment senti vraiment rentrer dans le match, les coéquipiers de Seydou Keita doivent se reprendre, s’ils veulent passer des paroles aux actes en honorant leur maillot. Pourtant les hommes d’Alain Giresse n’ont pas à rougir de la comparaison avec l’effectif de leur adversaire et peuvent s’appuyer sur les éclairs entrevus contre les Éléphants. Des séquences de conservation de balle intéressantes et un jeu en mouvement, comme à la 39e minute, où les Aigles avaient des airs de condors sud-américains. Dans une mauvaise dynamique, les Maliens ont ressentis cruellement l’absence d’un Maïga indispensable. Alors qu’on ne connaît toujours pas la durée de l’indisponibilité du tracteur sochalien, les Aigles vont devoir tabler sur un regain de confiance de Yatabaré et Diabaté. Pas évident, a moins que Keita ne prenne les choses en main.

« On peut être fier de nous : on a laissé une belle image. Maintenant, c’est le Ghana, une équipe mondialiste. Il faudra montrer qu’on a progressé par rapport à la semaine dernière, où ils nous avaient battu (2-0) », expliquait Cédric Kanté, le défenseur et capitaine du Mali. Dans un match où l’équipe la plus joueuse l’emportera sûrement, le Ghana part avec une longueur d’avance depuis sa prestation encourageante contre la Zambie. Mais il devra se méfier d’Aigles, on l’espère, revanchards et qui voudront donner une autre image que celle d’une équipe au jeu fermé et un brin trop chanceuse.