Rio Mavuba, au nom du père

Milieu défensif de l’équipe de France, qui affronte l’Allemagne ce vendredi en quart de finale, Rio Mavuba participe à sa première Coupe du monde. Une façon pour lui de rendre hommage à son feu père, Ricky, ancien international congolais qui a pris part au Mondial 1974.

“Mon papa, c’est mon idole numéro un”. Lorsque Rio Mavuba évoque son père, Ricky, décédé en 1997 alors qu’il n’avait que 13 ans, c’est toujours avec beaucoup d’émotion. Né sur un bateau au large de l’Angola lorsque ses parents fuyaient la guerre civile, le Lillois a été baptisé Rio, qui signifie “fleuve” par son illustre paternel.

Peu connu, Ricky Mavuba Mafuila a pourtant fait partie de la légendaire équipe du Zaïre des années 1970, celle qui a remporté les CAN 1968 et 1974 avant de représenter l’Afrique subsaharienne pour la première fois lors de la Coupe du monde 1974 en Allemagne (il est resté sur le banc lors des trois défaites des Léopards).

Les corners du “Sorcier”

Vainqueur de la Ligue des champions de la CAF 1973 avec l’AS Vita Club de Kinshasa, le milieu défensif emporté à 47 ans était surnommé le “Sorcier”. Un sobriquet gagné à la faveur de ses fantaisies sur corner. Avant de tirer chaque coup de pied de coin, le Léopard agitait un mouchoir blanc. Pour ajouter un peu à la magie, il s’était fait une spécialité de marquer sur corner direct.

Si Rio n’a pas hérité de cette compétence particulière, il a tout de même reçu un sacré don pour le foot. Des qualités qui l’ont conduit jusqu’en équipe de France (depuis 2004) mais ne lui ont pas permis d’accrocher le bon wagon pour les Coupes du monde 2006 et 2010.

“Ça me tenait à cœur de disputer le Mondial 2006, car mon papa a joué le Mondial 1974, en Allemagne aussi”, explique Rio. Mais Raymond Domenech a choisi de se passer de ses services. Tout comme en 2010 pour la première Coupe du monde disputée sur le continent africain, cher à Rio (il a ouvert un orphelinat à Makala en RD Congo).

Quarante ans plus tard

Mais l’erreur a été réparée en 2014, lors du Mondial au Brésil, même si le capitaine du LOSC ne bénéficie que d’un statut de remplaçant en Bleu. En entrant en jeu à la place de Yohan Cabaye à la 65e minute de France-Honduras (3-0), il a enfin pu rendre hommage au paternel. Le jour de la fête des pères. Ça ne s’invente pas.

“C'était un moment assez particulier. J'ai eu une émotion vraiment forte, une pensée pour mes proches. J'ai savouré, ça restera un moment fort de ma carrière”, assure le milieu défensif de 30 ans. “C'est une fierté de pouvoir marcher sur les pas de mon père, 40 ans après. Je sais que ça rend ma famille fière”. De là-haut aussi, le “Sorcier” doit être fier. Peut-être a-t-il même agité son mouchoir en guise de salutations.

Ricky Mavuba

Rio Mavuba, au nom du père
Romain Lantheaume

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !