La Côte d’Ivoire a remporté la deuxième CAN de son histoire, dimanche contre le Ghana (0-0, 9 tab à 8) à Bata. Un sacre qui porte l’empreinte de Copa Barry, titulaire déchu devenu héros national après sa prestation lors d’une incroyable séance de tirs au but. Un véritable show.


Un Eléphant ça trompe énormément ! Copa Barry l’a encore prouvé dimanche soir contre le Ghana en finale de la CAN 2015, au terme d’une interminable séance de tirs au but qui restera dans l’histoire (0-0, 9 tab à 8). S’écroulant à terre à deux reprises, le gardien ivoirien souffrait-il vraiment de crampes, ou a-t-il simplement bluffé et tenté de déstabiliser ses adversaires ? Peut-être gardera-t-il son secret pour lui.

S’il a une chose qu’il n’hésite pas à partager en revanche, c’est bien son émotion. « Je ne suis pas grand par le talent. Ma maman souffrait de ne pas me voir titulaire. J’ai été critiqué. Mais Dieu ne fait pas les choses par hasard. J’ai été récompensé« , fondait-il en larmes au micro de Canal+, à l’issue du match. Une rencontre que lui, le titulaire déchu, mis au ban(c) tout au long de la CAN, n’aurait même jamais dû disputer si le prometteur Sylvain Gbohouo ne s’était pas blessé juste avant la finale.

Le coup des crampes

Pas spécialement en vue durant 120 minutes (ses poteaux, qui l’ont sauvé à deux reprises, ont plus brillé que lui), ce diable de Barry a attendu les tirs au but pour sortir de sa boîte. A 2-0 en faveur du Ghana après deux frappes de chaque côté, les dés semblent jetés. C’est pourtant lui qui fait renaître l’espoir dans le camp ivoirien en repoussant la tentative d’Afriyie Acquah. Les Eléphants égalisent. Puis les tirs réussis s’enchaînent de chaque côté. Barry effleure deux frappes, joue la provoc’ devant André Ayew. En vain.

Les dix joueurs de champ ayant frappé, vient le tour des gardiens. C’est là que le portier de Lokeren sort un nouveau tour de son chapeau en détournant la tentative de Razak Brimah, son homologue ghanéen. Avant de s’écrouler, comme quelques minutes plus tôt, visiblement victimes de crampes. Des crampes qui tombent à pic alors que, quelques secondes plus tard, c’est lui qui va avoir le tir de la victoire au bout du pied.

Une fois debout, Barry se concentre, s’élance et transforme la frappe la plus importante de sa carrière, celle qui offre la deuxième CAN de son histoire à la Côte d’Ivoire! Le jour du neuvième anniversaire de son fils. Ça ne s’invente pas. Porté en héros par ses coéquipiers et toute une nation, le portier de 35 ans peut jubiler.


Copa Barry offre la CAN 2015 à la Côte d’Ivoire par afrikfoot

Une image, parmi d’autres, que la postérité retiendra de cette séance inoubliable. Une séance que Gervinho, malheureux dans cet exercice en 2012, a vécu de dos après sa sortie, assis sur une chaise à côté du banc, refusant d’affronter une réalité qu’il redoutait. Mais qui s’est finalement révélée douce. Comme l’étreinte d’Hervé Renard autour d’un André Ayew, adversaire d’un soir, inconsolable. Des images inoubliables, comme cette séance de tirs au but.