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Nommé sélectionneur de la Guinée, Luis Fernandez va néanmoins poursuivre ses activités de consultant en parallèle. L’ancien entraîneur du PSG ne sera pas le premier cumulard du football africain. En leur temps, Paul Le Guen et Paulo Duarte, ou plus récemment Florent Ibenge, ont aussi enfilé une double casquette. Et le succès a rarement été au rendez-vous. Zoom sur une pratique qui demeure largement l’apanage du continent.


Pour succéder à Michel Dussuyer, la Fédération guinéenne (Feguifoot) a donc jeté son dévolu sur Luis Fernandez. Privé de banc de touche depuis décembre 2011, le technicien français a néanmoins exigé de poursuivre ses activités de consultant pour RMC et beIN Sports. Et il a déjà annoncé la couleur : « Je ne serai pas toujours présent (en Guinée, ndlr), mais il y aura la présence de quelqu’un que je vais mettre en place pour qu’il soit là tous les jours, qu’il regarde, qu’il collabore et qu’il aide (…) Un sélectionneur, ce n’est pas le travail au quotidien. C’est un travail de recherche, trouver des joueurs et les regarder pour avoir une bonne sélection. »

 Le précédent Le Guen

Luis Fernandez ne sera pas le premier « télé-sélectionneur ». A la tête du Cameroun en 2009-2010, Paul Le Guen était également consultant Canal+ pour la Premier League et la Ligue des champions. Un mélange des genres qui n’a pas porté chance au Breton et aux Lions Indomptables, minés par les dissensions et revenus du Mondial 2010 avec trois défaites dans les bagages.

 Cobos, cumulard hors foot

cobos.jpg A l’origine né en politique pour désigner un élu qui additionne mandat local et national, le terme « cumulard » trouve tous son sens avec José Cobos. Ancien capitaine de l’OGC Nice durant l’ère Gernot Rohr, l’Alsacien est venu prêter main forte à son mentor le mois dernier en qualité de sélectionneur adjoint du Burkina Faso. Une annonce étonnante alors que l’ancien défenseur a été élu il y an conseiller municipal de la ville de Nice sous le titre de « délégué aux événements sportifs et à la fondation en faveur du sport et de la culture« . José Cobos va devoir surmonter un paradoxe : exercer de front un mandat local par excellence tout en se montrant un adjoint inspiré à 3 500 kilomètres de là.

 Paulo Duarte, un cumul qui a tourné court

A l’été 2009, Le Mans innove. Le club sarthois devient la première formation de Ligue 1 à faire appel à un entraîneur à la double casquette : Paulo Duarte, déjà en poste comme sélectionneur du Burkina Faso. Si les résultats avec les Etalons sont concluants, le Portugais ne fait pas long feu à la tête du MUC 72. Suppléé par son adjoint Arnaud Cormier lorsqu’il est pris par ses obligations en sélection, il est limogé en décembre 2009 après avoir décroché seulement deux victoires en seize journées. Après cinq saisons consécutives en L1, les Sarthois sont relégués au terme de l’exercice avant de sombrer dans les divisions inférieures.

 Les cumulards locaux

Diriger simultanément une sélection et un club local : voilà une cohabitation qui apparaît davantage gérable et qui présente une certaine continuité. Plusieurs techniciens s’y sont essayés ces dernières années. Avec des fortunes diverses.

Par deux fois, la Tunisie a confié son destin à un cumulard. Déjà entraîneur de l’Espérance Tunis, Faouzi Benazrti a cumulé avec le poste de sélectionneur des Aigles de Carthage de novembre 2009 à novembre 2010, ne laissant pas un souvenir impérissable (élimination au premier tour de la CAN 2010 après trois matches nuls).

ruud_krol_2.jpg Nommé sélectionneur de la Tunisie en urgence en septembre 2013, Ruud Krol, qui a conservé ses fonctions d’entraîneur du CS Sfaxien, a permis à Saber Khalifa et ses coéquipiers de franchir un cap dans le jeu mais n’a pas réussi sa mission commando puisque la Tunisie ne s’est pas qualifiée pour le Mondial 2014.

A la tête de la RD Congo depuis l’été 2014, Florent Ibenge a connu davantage de succès. En l’espace de deux mois, il a réussi le tour de force de conduire l’AS Vita en finale de la Ligue des champions et les Léopards sur le podium de la CAN 2015.

 Et ailleurs ?

Force est de constater que le cumul des mandats fait figure de particularité du football africain. Début 2015, Roy Hodgson a indiqué qu’il verrait bien son adjoint Gary Neville lui succéder à la tête de la sélection anglaise à condition qu’il abandonne ses activités de consultant pour Sky Sports.

Hors du continent, les fédérations ne transigent pas sur le sujet et exigent un sélectionneur impliqué à 100%, malgré quelques exceptions, comme Dick Advocaat. Autorisé par la Fédération belge à cumuler son poste de sélectionneur avec celui d’entraîneur de l’AZ Alkmaar en décembre 2009, il assénera un sacré coup de poignard aux Diables Rouges cinq mois plus tard en les quittant pour prendre en charge la Russie. En matière de cumul, la bienveillance des fédérations est rarement récompensée. Voilà la Guinée prévenue.