Retenu parmi les cinq candidats à la présidence de la FIFA en février prochain, Tokyo Sexwale a surpris son monde lors d’une interview en prenant la défense du président sortant, Sepp Blatter, suspendu pour huit ans de toute activité liée au football.


On aurait tendance à l’oublier, mais Tokyo Sexwale reste avant tout un politicien dans l’âme. Si l’ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela a depuis fait fortune dans les affaires et, fait désormais figure de candidat crédible à la présidence de la FIFA, c’est avant tout comme Premier ministre de la province du Gauteng et ministre du Logement sud-africain qu’il s’est fait connaître. Alors qu’il fait partie des cinq candidats toujours en lice à la présidence de l’instance mondiale du ballon rond dont l’élection aura lieu le 26 février, l’homme de 62 ans s’est illustré par une sortie médiatique pour le moins remarquée.

Dans une interview accordée à Sky Sports, Mosima Gabriel, de son vrai prénom, a en partie dédouané Sepp Blatter, président démissionnaire de la FIFA, et Michel Platini, président de l’UEFA, suspendus pour huit ans de toute activité liée au football en raison d’un versement controversé de 1,8 million d’euros. « Je me sens vraiment désolé pour lui. C’est un ami« , a glissé Sexwale au sujet de Blatter. « Michel Platini et lui doivent faire face à leurs erreurs, mais il ne faut pas oublier les bonnes choses qu’ils ont faites. Le travail de Blatter est un monument. C’est une montagne inamovible. Le comité d’éthique doit désormais décider de ce qu’il va se passer. »

« Pas comme s’il avait commis un meurtre ou un génocide« 

Et de renchérir : « Les dommages qu’il a causés ne disparaîtront pas, mais ce n’est pas comme si (Blatter) avait commis un meurtre ou un génocide. C’est à nous de poursuivre leur bon travail et d’apprendre de leurs erreurs. » De quoi faire grincer quelques dents chez ses soutiens alors que du côté de ses concurrents à la présidence, certains se frottent déjà les mains à l’idée de pouvoir pointer du doigt un discours loin d’être en rupture avec ce qui est désormais qualifié de « système Blatter« .

Des paroles qui ne sont toutefois pas une erreur de communication pour le Sud-africain qui, sans être un proche du Suisse, n’entend pas le condamner publiquement comme a pu le faire Platini, mais plutôt tirer profit de son réseau. Car, même mis hors-jeu avec sa suspension dont il fait appel, Blatter connaît mieux que quiconque les rouages de l’instance et dispose encore de nombreux soutiens en interne. Soutiens qui peuvent se révéler cruciaux au moment de faire du lobbying pour rallier les fédérations à sa cause. De la politique on vous dit…