La CAN 2013, un business florissant pour les Sud-Africains

Si la Coupe d'Afrique des nations donne l'occasion aux meilleures sélections africaines d'en découdre tous les deux ans pour se disputer le titre de meilleure équipe du continent. Elle est aussi l'occasion pour bon nombre de professions de voir gonfler leurs revenus, de façon considérable pour certains, avec l'afflux massif de supporters le temps de la compétition. Dans les villes hôtes et autour des stades, nombreux sont ceux qui se frottent les mains. Reportage.


De notre envoyé spécial à Durban

Quand football et affaires font bon ménage. Alors que la CAN 2013 bat son plein en Afrique du Sud et va connaître son dénouement le 10 février, la compétition la plus attendue sur la continent africain génère toujours autant de revenus annexes pour la population locale. Malgré l'élimination des Bafana Bafana (en quart de finale face au Mali), qui a quelque peu gâché la fête chez les supporters sud-africains, certains n'en ont cure et continuent de se frotter les mains, voyant leur chiffre d'affaires littéralement exploser.

S'il ne fait presque plus aucun doute que ce genre de tournoi génère toujours une forte hausse d'activité autour de la prostitution, d'autres arrivent aussi à tirer leur épingle du jeu. Restaurateurs, vendeurs tous azimuts, hôteliers, et autres ne sont pas en reste pour profiter de l'affluence des supporters et des simples amateurs de football afin de voir leurs recettes gonfler. Une constatation que valide totalement Zhi, tenancière d'un coin restauration en face du stade de Rustenburg.

La dernière fois que j'ai vendu autant de vuvuzelas ? En 2010.

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Ici, on est éloigné de tout. Un évènement comme la CAN 2013, c'est l'occasion pour nous de vraiment faire augmenter notre recette quotidienne. Il y a peu de matchs ici en temps normal, donc avec la phase de poules et quatre équipes sur place (Algérie, Côte d'Ivoire, Togo et Tunisie, ndlr), et un quart de finale on a pu en profiter pour refaire marcher le commerce avec tous les supporters qui sont venus au stade“, explique cette quinquagénaire. Avant de regretter avec un brin d'humour : “C'est dommage qu'aucune demi-finale ne se joue ici.

Même son de cloche du côté de Durban, où Zwai, vendeur itinérant aux abords du Moses Mabhida Stadium voit les supporters s'arracher ses drapeaux et maillots avant chaque match. Mais l'accessoire le plus prisé aux yeux des fans reste incontestablement le vuvuzela. “C'est comme ça depuis le début“, avoue-t-il, “en Afrique du Sud, personne ne va au stade sans son vuvuzela pour mettre de l'ambiance, donc tout le monde en veut un. La dernière fois que j'en ai vendu autant, c'était pendant la Coupe du monde (en juin 2010, ndlr)“. Le fameux vuvuzela, objet à la confection toute simple mais au potentiel de nuisance sonore illimité.

Des hôtels bien garnis

can_mur_floral_durban.jpgC'est donc fièrement qu'il confie, entre deux transactions, avoir vu ses ventes être multipliées par au moins dix depuis l'arrivée des premiers supporters et le début des matchs. Mais il n'est pas le seul en reste dans la ville, qui profite visiblement de la CAN à tous les niveaux. Car qui dit affluence de supporters dit nécessairement hébergement et restauration, deux secteurs qui affichent aussi le sourire. John, serveur dans le centre ville de Durban, arrivé en Afrique du Sud depuis maintenant de 14 ans, explique que l'arrivée massive de visiteurs a apporté une nouvelle dynamique dans la ville.

On vit plus au rythme des matchs, même s'il y en a moins maintenant qu'au début. Là où je travaille, il y a déjà eu plus de monde qu'à la même période l'année dernière. Les gens viennent de partout et c'est bon pour nous aussi car on reçoit plus de ‘tips' (entendez par là pourboires).” C'est donc dans cette ambiance que la CAN va entrer dans sa dernière phase avec les demi-finales et ensuite la finale tant attendue au National Stadium de Johannesburg, ce dimanche, avant que les supporters venus pour l'occasion ne quitte le sol des Bafana Bafana… au grand regret de toutes ces petites mains à qui elles ont permis de faire croître leur activité.

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Mansour Loum