Alors qu’elle a permis de sortir le football béninois de l’impasse, l’assemblée générale élective de la Fédération n’aurait pas dû avoir lieu selon la justice locale. Reprochant des faits d’entraves à la justice, celle-ci a lancé des poursuites à l’encontre de tous ceux qui ont pris part de près ou de loin au scrutin. Présents en tant qu’experts de la FIFA, l’Ivoirien Sidy Diallo et le Congolais Constant Omari, font l’objet de mandats d’arrêt internationaux !


La crise qui frappe le football béninois est-elle réellement terminée ? Le 10 juin dernier, après une période de normalisation et une suspension par la FIFA, la Fédération béninoise (FBF) tenait enfin son assemblée générale élective, portant à sa tête Anjorin Moucharafou. Ce vote permettait la levée des sanctions pour que les Ecureuils affrontent la Guinée Equatoriale (2-1) deux jours plus tard à l’occasion de la 5e journée des éliminatoires de la CAN 2017.

Seulement, la veille du scrutin, le tribunal de Porto Novo, à l’origine des précédents blocages, avait à nouveau prononcé l’interdiction de l’élection. Une décision dont le comité de normalisation affirme avoir été informé seulement après la tenue du scrutin. Mais cet argument n’a pas convaincu le tribunal qui accuse désormais l’instance d’entrave à la justice.

Cinq ans de prison ?

Dans ce cadre, le juge Issoudine Ibrahim vient de délivrer des mandats d’arrêt contre tous les membres du bureau de la Fédération béninoise élus le 10 juin, tous les membres du comité de normalisation et deux mandats d’arrêt internationaux contre les experts de la FIFA qui ont supervisé le scrutin, le président de la Fédération ivoirienne, Sidy Diallo, et son homologue de RDC, Constant Omari. Au Bénin, les faits reprochés sont passibles de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 240 000 Fcfa (environ 365 euros) minimum. Reste à savoir si la justice locale ira au bout du processus et, le cas échéant, comment la FIFA va réagir.

Avec les mandats d’arrêts internationaux lancés à l’encontre de Diallo et Omari, cette crise prend en tout cas une ampleur internationale. Les fédérations concernées n’ont pour l’heure pas réagi à cette affaire. Il faut dire que les risques de voir aboutir les poursuites à l’encontre des deux dirigeants apparaissent très minces voire inexistants.