Se plaignant de cris de singe à son encontre, Guélor Kanga a répliqué par un doigt d’honneur jeudi sur le terrain du Spartak Moscou. Mais la Fédération russe a jugé qu’il s’agissait de simples chants offensants et pas racistes, infligeant trois matches de suspension au Gabonais.


Entre la parole et les actes, il y a souvent un fossé. Le 26 novembre, Artur Grigoryants, président de la commission de discipline de la Fédération russe de football, déclarait la guerre au racisme. « Nous allons éradiquer le racisme du football. Nous n’allons pas fermer les yeux sur ce problème. Nous devons identifier et punir les hooligans« , promettait-il.

Dix jours plus tard, à l’heure de mettre en pratique ses belles paroles, le dirigeant a pourtant changé son fusil d’épaule. Tout commence le 4 décembre, lors de la 16e journée du championnat russe. En déplacement avec le FK Rostov sur la pelouse du Spartak Moscou (1-1), Guélor Kanga se plaint de cris de singe de la part du public. L’international gabonais réplique par un doigt d’honneur…

Vient ensuite le moment du visionnage de l’action par la commission de discipline en fin de semaine dernière. « Nous n’avons pas entendu de cris de singe sur les enregistrements vidéo, ce que confirment à la fois l’arbitre et le Spartak« , assure Artur Grigoryants. Plutôt que d’accorder le bénéfice du doute au Gabonais, en accord avec la ligne directrice fixée fin novembre, la commission de discipline a eu la main lourde : 3 matches de suspension et 50 000 roubles (774 euros) d’amende pour la Panthère.

Dans le même temps, le Spartak Moscou s’en tire avec une amende de 70 000 roubles (1084 euros), les chants de ses supporters étant considérés comme « offensants » mais pas racistes. A moins de quatre ans du Mondial 2018 que la Russie abritera, le chantier en matière de lutte contre le racisme reste immense en Russie.

Nombreux précédents

En octobre, le Spartak Moscou avait été sanctionné d’un match sans supporters à l’extérieur après des cris de singe adressés au Brésilien Hulk par les supporters moscovites. Mais c’est surtout le voisin, le Torpedo Moscou, qui défraie régulièrement la chronique.

En septembre, le Congolais Christopher Samba avait été ciblé par les chants racistes des supporters du club moscovite, récoltant une amende et un huis clos partiel. Après avoir à nouveau entonné des chants similaires, le Torpedo a été sanctionné de trois matches à huis clos partiel. Ironie du sort, c’est Igor Gamula, l’entraîneur du FK Rostov de Guélor Kanga, qui avait créé la polémique avec ses propos le mois dernier.