Au centre de l’actualité après avoir quitté le terrain à la 71e minute du match contre le Vitoria Guimaraes (2-1) dimanche pour protester contre les cris racistes des supporters adverses, l’attaquant du FC Porto, Moussa Marega, s’est longuement exprimé sur cette affaire ce lundi au micro de RMC.

L’international malien a d’abord expliqué que les premiers incidents racistes ont éclaté très tôt dans la soirée. «Ça a commencé à l’échauffement, c’était juste deux à trois personnes, ça doit arriver à tout le monde, on s’en fout, on peut continuer à jouer. Mais quand ça vient de presque tout le stade, il n’est pas possible de continuer à jouer alors qu’on se moque de notre couleur de peau», a insisté l’ancien Amiénois, avant d’exprimer la souffrance ressentie.

«C’est triste que ça arrive en 2020 (…) Là ça va mieux, mais hier (dimanche), c’était beaucoup plus difficile, je me suis vraiment senti comme une merde. C’était une grosse humiliation pour moi. Une fois le match passé, je suis rentré chez moi. Revoir mon fils m’a donné le sourire, comme tous les messages de soutien que j’ai reçus», a poursuivi le natif des Ulis avant d’expliquer la réaction de ses coéquipiers, qui ont tenté de le dissuader de sortir.

Marega n’accable pas ses coéquipiers

«(Sur le moment) Mes partenaires ne comprennent pas ma réaction. Ils sont choqués par rapport au fait que j’ai envie de quitter la pelouse. Ils ont eu une réaction d’amis. Leur première réaction, c’est d’essayer de me calmer, ils me connaissent très bien et savent que je peux faire des bêtises lorsque je suis énervé, ils essaient de me calmer pour ne pas que je fasse une grosse faute. Mais je leur dis juste qu’avec les insultes, je ne peux pas continuer. Ce n’était vraiment plus possible», a souligné l’Aigle.

Loin de fustiger ses coéquipiers, qui auraient pu quitter le terrain avec lui pour donner plus de poids à son action, Marega a préféré lancer un appel aux instances : «On aimerait que tous que les matchs s’arrêtent (en cas d’incident raciste, ndlr). Il faudrait un geste fort de la part des arbitres, de la Ligue. Les slogans antiracistes c’est n’importe quoi, tu rassembles juste des équipes sur une photo que tu partages sur les réseaux sociaux», a conclu le joueur de Porto, dont le geste fort permettra peut-être de faire avancer les choses…