Désireuse de renforcer son championnat grâce à l’essor des joueurs locaux, la Fédération marocaine vient d’annoncer une séries de mesures visant à limiter l’utilisation de joueurs étrangers par les clubs.


La Fédération marocaine de football durcit le ton. A l’issue d’une session de travail tenue lundi en présence du président de l’instance, Faouzi Lekjaa, et axée sur les moyens de renforcer le championnat local et la circulation des joueurs étrangers, plusieurs décisions ont été annoncées après concertation avec le Directeur technique national, Nacer Larguet, et les entraîneurs locaux :

1– L’interdiction de recrutement de gardiens de but étrangers dans toutes les divisions.

2– Le maintien de la règle des quatre (4) joueurs étrangers par équipe en Botola Pro (1ère division) mais en appliquant de nouvelles conditions :

Deux (2) joueurs ayant au minimum 10 sélections nationales

Deux (2) joueurs ayant au minimum 10 sélections avec les U23

3– Maintien des trois (3) joueurs étrangers pour les équipes de Botola 2 (2e division), mais avec les conditions suivantes :

Un (1) joueur ayant 10 sélections à son actif

Deux (2) joueurs ayant au minimum 10 sélections avec les U23

4– Refus de la proposition de recrutement de deux (2) joueurs étrangers qui ne prendront part qu’aux rencontres des compétitions continentales, étant donné que les statuts de la CAF imposent aux joueurs de prendre part aux rencontres de leurs équipes dans les compétitions locales.

5– Délégation à la Ligue nationale du football professionnel et à la Ligue nationale du football amateur l’étude du nouveau statut des entraîneurs marocains

Des mesures qui ne sont pas sans rappeler celles prises en juillet dernier par les instances algériennes avec des conditions drastiques allant jusqu’à l’interdiction totale de recrutement de joueurs étrangers. Décision motivée par les « difficultés financières des clubs et l’impossibilité d’obtenir des devises étrangères » afin de rémunérer les joueurs non-algériens. Toujours est-il que si dans leur globalité les décisions prises par le FRMF ne sont pas tout à fait les mêmes, elles ont une finalité commune : élever le niveau du championnat local en tentant de donner la priorité aux locaux.

Argument qui laisse plutôt dubitatif Oussama Benabdellah, journaliste et ancien dirigeant du MAS de Fès. « C’est un réel bémol, puisque nous surestimons le niveau de nos joueurs« , déplore-t-il au micro de Radio Mars, craignant la concurrence directe des championnats voisins. « Il faut rappeler que les championnats égyptiens et tunisiens sont plus attractifs que le championnat marocain, donc les joueurs subsahariens vont vouloir partir ailleurs…« .

Idée également partagée par son confrère Belaid Bouimid, qui y voit toutefois certains avantages pour les clubs, à savoir des économies substantielles sur les salaires de certains étrangers à l’apport limité, mais aussi et surtout la contrainte désormais pour les clubs plus modestes de créer de véritables cellules de recrutement pour prospecter les potentiels talents du pays. Ce qui leur permettra de « ne pas rater leur recrutement » et, peut-être, assurer un minimum de qualité.