Hakimi, Boufal, Maroc

Douze ans que l’Afrique n’avait pas goûté à cette charmante sensation. Pour la première fois depuis le tristement célèbre Ghana-Uruguay du 2 juillet 2010 (1-1, 2-4 tab), le continent se réveille ce samedi matin animé d'un fol espoir, en ayant la perspective de s’endormir ce soir en ayant, peut-être, pour la première fois un représentant en demi-finales de la Coupe du monde, dont cette édition 2022 est porteuse de tant de promesses pour les sélections africaines.

Après son exploit contre l’Espagne (0-0, 3-0 tab) en huitièmes de finale, c’est le Maroc qui porte les espoirs de toute l’Afrique et du monde arabe, comme en attestent les nombreux drapeaux marocains qui ont fleuri dans les stades qataris. De ce supporter sénégalais dont la vidéo a fait le buzz sur les réseaux sociaux à l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, tous sont derrière les Lions de l’Atlas.

Il est vrai que le Portugal, adversaire du Maroc ce samedi en quart de finale (16h), a fait forte impression contre la Suisse (6-1) en huitièmes de finale. Mais les Helvètes étaient amoindris, malades pour certains et alignés dans une défense à trois qui a surpris jusqu’aux joueurs eux-mêmes. Même si la Seleçao va certainement proposer beaucoup plus de percussion qu’une Roja très ronronnante, n’en déplaise à Rodri, l’arrière-garde du Maroc, qui n’a cédé qu’une fois dans ce Mondial et plus généralement qu’une fois en 7 matchs depuis l’arrivée de Walid Regragui (et elle était déjà très solide durant l’ère Vahid Halilhodzic pour rendre à César ce qui appartient à César), a les moyens de contenir les assauts portugais. Pour mieux piquer en contre, à condition de faire preuve de plus d’efficacité que Walid Cheddira face aux Espagnols. Ou bien de tenir jusqu’à une nouvelle séance de tirs au but en misant sur de nouveaux arrêts de Yassine Bounou. Héroïques dans leur façon de défendre mardi, même s’ils ne jouent pour certains plus que sur une jambe, ces Marocains semblent animés par une envie et une générosité à toute épreuve.

«On a juste déjoué quelques pronostics, des Xg et tous les trucs de Harvard (…), le Portugal est le favori et nous sommes le petit caillou dans la chaussure», rappelait vendredi Regragui en conférence de presse. «On représente d’abord le peuple marocain et ensuite le peuple arabe et africain. On ressent toute l’énergie positive qui émane des supporters aussi bien arabes qu’africains.» Qui de mieux que le Maroc pour devenir la première nation africaine à atteindre le dernier carré ? Après tout, les Lions de l’Atlas étaient déjà devenus en 1986 la première sélection africaine à se qualifier en huitièmes de finale du Mondial. C’était déjà en battant le Portugal (3-1), ça ne s’invente pas !