Dernier match, dernière marche pour le sacre suprême, la Côte d’Ivoire affrontait la Zambie pour remporter la Coupe d’Afrique des Nations 2012 à Libreville. Dans une rencontre aussi enthousiasmante que rythmée, la Zambie a du aller au bout du suspense pour ramener la première CAN de son histoire (0-0 7-8 tab).


Pour l’ultime match de cette CAN, le Gabon avait sorti le grand jeu, dans une cérémonie d’ouverture digne d’une Coupe du Monde avec des stars dans les tribunes (Pelé, Madjer, Akon) et sur le terrain.

A l’image du contraste entre Didier Drogba et Chris Katongo lors de l’échange des fanions, l’opposition était de taille pour les Zambiens.
Dans une tunique couleur pelouse, les Zambiens montraient qu’ils n’étaient pas venus pour jouer les plantes vertes et se mettaient en action les premiers. Sur corner après une belle combinaison, le ballon atterrissait dans les pieds d’un Sinkala, vert de voir sa frappe en force arrêtée par Copa attentif (2e). Sur un terrain détrempé par la pluie, les sorties en boulet de canon et les appels des attaquants zambiens gênaient énormément des Éléphants un peu patauds, et pas vraiment à leur aise. Le faux rythme qui s’installait était propice aux contre attaque meurtrières de Chipolopolos qui tenaient la dragée haute à leurs adversaires.

Le feu vert …

Au milieu le trio orange Zokora-Tioté-Yaya Touré n’était pas à la fête. Souvent trop bas, les trois compères avaient le plus grand mal à peser sur le jeu. L’ancien Stéphanois traversait la partie comme un fantôme, le Magpie se focalisait sur sa tâche défensive, Yaya Touré n’avait pas son rayonnement habituel et manquait même le cadre d’un cheveu sur une talonnade de Drogba (30e). Le manque de liant se faisait alors cruellement sentir, et pénalisait les attaquants, privés de ballons propres. L’habituel sauveur de la Côte d’Ivoire était bien seul en pointe, avec un Gervinho qui n’avait de brésilien que le nom.

… passe à l’orange

En face, les solistes zambiens étaient à pied d’œuvre : plus justes, plus techniques, ils faisaient le spectacle, salués par les acclamations d’un public qui basculait progressivement. Chris Katongo était intenable sur son côté gauche, multipliant les dribbles et intérieurs-extérieurs devant un Tiéné à la peine (25e, 39e), ou devant toute la défense (59e). Avec Kalaba et Chansa le numéro le numéro 11, expatrié en Chine, affichait une complicité digne des trois mousquetaires. Il manquait seulement un d’Artagnan dans la surface pour concrétiser les velléités des Chipolopolos.

Dans un désert proprement saharien, il fallait un miracle pour débloquer la situation. Il intervenait à la 71e minute, quand Chansa avait la mauvaise idée de serrer de trop près le Gunner Gervinho. Le syndrome Gyan encore présent dans tous les esprits, le ciel tombait sur la tête de Drogba, qui envoyait le ballon dans les tribunes, et par là même les deux équipes en prolongation.

Un panneau STOP nommé Mweene

Une prolongation à l’image du match, tendue, intense, avec 22 acteurs fébriles, conscients de l’importance du résultat. Et si sur un festival de Chris Katongo, son frère Felix, tel un chat, voyait sa reprise jaillissante finir sur le poteau (95e), la phase des tirs aux buts semblait l’aboutissement logique des trente minutes sifflées par l’arbitre.
La tension était alors à son comble et on aurait pu alimenter en électricité les spots du stade avec toute l’électricité dans l’air. Il aura fallu attendre le huitième tir aux buts arrêté par Mweene pour voir la Zambie glaner le trophée.

Hervé Renard, l’avait dit avant le match. Il l’avait même prédit: « Vous savez, il est possible de perdre une CAN avec la meilleure équipe et la meilleure défense. Il est possible de perdre une CAN sans prendre de but « . Dans un match où les deux formations ont fait jeu égal, c’est finalement la Zambie qui remporte une victoire historique, avec la première CAN de son palmarès. Les Ivoiriens sont eux inconsolables.

Lier aussi l’interview d’Hervé Renard