Au sortir d’une saison XXL avec Lille (22 buts et 11 passes décisives en 38 matchs de Ligue 1) et avant de rejoindre un cador européen, la CAN 2019 devait permettre à Nicolas Pépé de franchir un cap avec la Côte d’Ivoire et d’enfin retranscrire en sélection ses brillantes performances en club. A l’heure du bilan, le constat est malheureusement implacable pour l’ailier de 24 ans, qui a été très loin de répondre aux attentes durant sa compétition, achevée jeudi par l’élimination en quart de finale contre l’Algérie (1-1, 3-4 tab).

Aligné sur le flanc droit, son meilleur match restera finalement le premier, disputé sous une chaleur étouffante contre l’Afrique du Sud (1-0), lorsqu’il est parvenu à faire quelques différences et à amener le danger sur ses centres et incursions. Seule la barre l’a empêché de marquer sur coup franc.

Une CAN achevée comme remplaçant

Complètement éteint face au Maroc (0-1), l’ancien Angevin a ensuite perdu sa place de titulaire pour le match décisif contre la Namibie, assistant depuis le banc au festival offensif des siens en fin de partie (4-1). Relancé contre le Mali (1-0) en 8es, le Lillois n’a pas davantage pesé malgré 20 minutes encourageantes en seconde période dont deux bons services mal exploités par Kodjia. Comme un symbole, le but de la qualification est intervenu 8 minutes après son remplacement à la 68e minute.

A nouveau remplaçant au coup d’envoi du choc en quart face aux Algériens, Pépé est resté assis sur le banc durant plus de 120 minutes, le sélectionneur Ibrahim Kamara préférant lancer Cornet et Bony en début de prolongation pour tenter de faire la différence, en vain. Le récent vainqueur du Prix Foé quitte donc la CAN sans le moindre but ni passe décisive au compteur et avec des statistiques très moyennes (voir ci-dessous). A l’inverse d’un Hakim Ziyech ou d’un Mohamed Salah, qui ont eux aussi vécu une CAN compliquée, l’Eléphant a moins l’excuse de la fatigue puisque le LOSC n’a pas disputé de coupe d’Europe au cours de la saison écoulée et il n’avait donc «que» 41 matchs dans les jambes (contre 49 pour Ziyech et 52 pour Salah).

Selon son sélectionneur «il est en train de savoir ce qu’est la CAN»

Reste que Pépé est plus jeune et moins expérimenté que ces deux joueurs, il sort de sa première saison à un aussi haut niveau et c’est la première fois qu’il aborde une compétition avec autant de pression. Sans compter que son équipe et en particulier le milieu de terrain très décevant des Eléphants ne sont pas parvenus à le placer dans des conditions satisfaisantes pour s’exprimer, ses coéquipiers tardant trop à lâcher le ballon pour servir celui qui adore avaler les espaces. Finalement, le match qui aurait pu le mieux lui convenir était celui face à l’Algérie, mais Ibrahim Kamara ne lui a pas laissé cette chance…

«Il est en train de savoir ce qu’est la CAN. C’est autre chose que le talent», rappelait récemment le technicien en conférence de presse. «On attend beaucoup de Nicolas Pépé. Surtout les observateurs. Mais il ne faut pas oublier que Nicolas n’a pas plus d’une douzaine de sélections. Il ne connaît pas les compétitions africaines comme la CAN, qui sont assez difficiles. C’est une découverte pour lui. Il apprend aussi. Il faut le laisser creuser son trou. Nicolas est connu en Europe, moins sur l’échiquier africain». Comme il l’a fait en club avant de se révéler, le natif de Mantes-la-Jolie va devoir tirer les leçons de cette déception et l’évacuer pour continuer à grandir.

Les stats de Nicolas Pépé à la CAN 2019 (source : beIN Sports)