Le scénario qui a conduit à la mort de l’attaquant camerounais de la JS Kabylie, Albert Ebossé, est désormais connu. Les portes du stade du 1er novembre de Tizi Ouzou ont été ouvertes en 2e période, permettant aux supporters d’introduire toute sortes d’objets dans l’enceinte et de se rapprocher du rectangle vert en s’appropriant un secteur du stade normalement fermé…


Jusqu’à présent, le décès d’Albert Ebossé restait entouré de nombreuses zones d’ombres. Tout juste savait-on que l’attaquant camerounais a été mortellement atteint à la tête par un « objet contondant« , plus précisément un morceau d’ardoise, lancé depuis les tribunes, lui causant un traumatisme crânien fatal. Et encore, des versions alternatives du drame (crise cardiaque, agression) n’ont cessé de circulé au cours des dernières semaines.

Mardi, Abderrahmane Iltache, le directeur de la Jeunesse et des Sports et Loisirs de la wilaya de Tizi-Ouzou, a effectué de nouvelles révélations sur le tragédie. Rapportées par l’APS, elles permettent de comprendre le déroulement des faits. Dans un vocabulaire pour le moins maladroit, l’édile évoque un « concours de circonstances » agencé autour de « trois faits importants » qui, additionnés les uns aux autres, ont formé un « cocktail explosif« .

Secteur condamné

« Il a été procédé à une vérification des conditions de sécurité au stade du 1er novembre juste avant le coup d’envoi du match JSK-USMA et, jusque-là, tout allait bien. Ce sont les faits imprévus, intervenus en cours du match qui ont fini par tout remettre en cause« , se défend le politique, avant d’en venir aux explications.

Le drame a commencé en deuxième période, lorsque les portes d’accès au stade ont été ouvertes pour une raison encore inexpliquée. « Des supporters pouvaient donc sortir et revenir au stade en toute liberté« , souligne Abderrahmane Iltache. Deuxième point important de la tragédie : la présence d’un chantier à proximité du stade, avec « toutes sortes de gravats« . Enfin, un dernier élément a permis au tragique scénario de se mettre en place : « Les tribunes 7, 8 et 9 qui donnent directement sur le tunnel menant aux vestiaires ont été ouvertes (ou envahies, ndlr), alors que les portes menant à ces tribunes sont toujours scellées depuis les incidents de 2001« .

Le mystère de l’ouverture des portes

« Des gens pouvaient donc sortir, récupérer hors du stade des objets contondants au niveau du chantier, revenir au stade et se rapprocher au maximum des joueurs suite à l’ouverture des tribunes qui donnent directement sur le tunnel menant aux vestiaires« , résume l’élu. Les forces de l’ordre présentes au stade du 1er novembre ont alors été débordées.

« Pour l’heure, j’éviterai d’incriminer qui que ce soit« , recommande Mohamed Tahmi, le ministre de la Jeunesse et des Sports. « Une enquête est en cours. Une fois que le principal responsable de l’ouverture des portes sera formellement identifié, nous prendrons les décisions qui s’imposent. D’ici-là, mieux vaut éviter d’anticiper pour ne pas accuser des gens à tort« . Assumer un peu plus ses responsabilités ne ferait pas de mal non plus…