Hakimi, France-Maroc

A la fois si proche et si loin… Après avoir longtemps poussé pour inscrire le but égalisateur, le Maroc s’est finalement incliné contre l’équipe de France (0-2) mercredi en demi-finales de la Coupe du monde 2022. On pourra toujours mentionner l’arrêt impressionnant d’Hugo Lloris sur le retourné de Jawad El-Yamiq ou encore le penalty possiblement oublié sur Sofiane Boufal, sanctionné à tort d’un carton jaune, mais le sentiment général est que ce match s’est joué beaucoup plus tôt, dès les premières minutes.

Alors que c’est avant tout leur défense qui les a conduits jusqu’à ce niveau inédit pour une sélection africaine, les Lions de l’Atlas, qui n’avaient jamais été menés au score dans ce Mondial, se sont mis d’entrée en difficulté en concédant l’ouverture du score après 5 petites minutes, ce qui les a obligés à se découvrir en remettant en cause le plan initial. Très fiable contre le Portugal (1-0) en quarts de finale pour pallier le forfait, déjà, de Nayef Aguerd, El-Yamiq s’est cette fois troué sur cette action.

Quelques minutes plus tard, sur l’action du poteau d’Olivier Giroud, c’est Romain Saïss, capitaine courage très diminué, qui a fauté, avant de se résoudre à sortir. Ces deux séquences illustrent parfaitement le dilemme inextricable auquel s’est retrouvé confronté le sélectionneur marocain Walid Regragui : d’une part, des cadres qui jouaient sur une jambe et donc davantage sujet aux erreurs ; d’autre part, des remplaçants qui offrent moins de garanties… «On a donné le maximum, et c’est le plus important. On a eu quelques blessés, c’était un peu trop pour nous. Mais je n’ai rien à dire parce que les entrants ont donné le maximum. Ils ont été au bout du bout. Après, contre une équipe comme la France, chaque erreur se paie cash…», a résumé le technicien au micro du diffuseur.

La première erreur de Regragui ?

Pour la première fois dans ce tournoi, qu’il a bouclé de main de maître, il faut aussi admettre que Regragui s’est certainement trompé en alignant une défense à cinq surprise. Même si ce choix est compréhensible face à l’armada offensive tricolore, les Marocains, qui affichaient tellement de solidité dans leur organisation habituelle, ont été plus enclins aux erreurs dans cette configuration et, surtout, ils ont peiné à exister offensivement. Jusqu’à l’entrée d’un milieu supplémentaire, Selim Amallah, à la place de Saïss, marquant donc le retour de la défense à quatre après 20 minutes.

 

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La suite du match s’est presque résumée à une attaque-défense qui aura cette fois vu les Lions de l’Atlas truster le ballon et pousser (61% de possession) mais sans jamais trouver la faille face à un adversaire glaçant de réalisme (3 tirs cadrés et 2 buts). Parvenue à faire vaciller le tenant du titre pendant une bonne partie du match, la bande à Regragui pourra toutefois sortir la tête haute au terme de cette superbe épopée.