À 37 ans, sur le départ après une courte expérience à Cluj en Roumanie, Islam Slimani continue de faire parler de lui. Cette fois, ce n’est pas sur un terrain, mais à travers une interview savoureuse, où le meilleur buteur de l’histoire des Fennecs a levé le voile sur un épisode méconnu, et décisif, de sa carrière.
Au moment de son départ pour l’Europe en 2013, alors qu’il était en position de signer libre au FC Nantes en raison de salaires impayés, Islam Slimani avait pourtant accepté que le CR Belouizdad, le club qui l’a révélé, négocie une indemnité de transfert avec le club français. Recommandé par Vahid Halilhodzic, tout semblait réglé.
Le rendez-vous lunaire avec les Kita à Paris
Mais la rencontre dans les bureaux parisiens de la famille Kita va tout faire basculer, comme Slimani l’a raconté dans son interview accordée à Colinterview.
« On s’assoit autour d’une table, il y avait le président de Nantes et son fils. Alors que tout avait été négocié avec mon agent, Kita me dit : ‘pour qu’on te donne tout ça, tu vas nous ramener quoi toi ?’ », raconte Slimani, encore médusé des années plus tard.
La proposition salariale finit de le convaincre que quelque chose cloche. « Ils me parlaient d’un salaire de 12 000 euros, inférieur à ce que je touchais au CRB… Je me suis dit : mais il est fou ! »
“Wallah, je ne jouerai jamais pour lui”
Dans sa tête, la décision est immédiate. « J’ai juré que je ne jouerais jamais pour lui, ni pour ce club. J’ai dit qu’on allait réfléchir, mais c’était fini. » De retour à l’hôtel, Slimani demande même à son agent de préparer un vol retour vers l’Algérie.
C’est là que le destin frappe à la porte. Un appel venu d’Algérie évoque une possibilité au Sporting CP. D’abord sceptique, Slimani pense à une blague. « Je lui dis que je vais signer à Nantes. Il me répond : non, viens à Lisbonne. »
Lisbonne, le détour qui change une carrière
Finalement, Slimani accepte ce qu’il pense être un simple détour. « Je me dis : ok, je passe par Lisbonne et après je rentre à Alger. » Le reste tient presque du film. Arrivé à 11h, il signe à 13h. À 14h, il est présenté à la presse. « Je me retrouve dans un club qui joue la Ligue des champions. Je n’y croyais même pas. »
Avec le recul, il sourit : « Hamdoullah que je n’ai pas signé à Nantes. J’ai suivi mes principes. Soit tu en as, soit tu n’en as pas. »
Pizzas surgelées et débrouille
L’anecdote la plus croustillante arrive ensuite. Malgré son statut, ses débuts au Sporting sont loin du luxe. « Pendant un an, je mangeais tous les jours des pizzas surgelées au thon ou margherita, et des pâtes chinoises en sachet. »
Une confession à l’image du personnage : brut, simple, et sincère. Au-delà de ses buts et de ses records, le meilleur buteur de l’histoire des Fennecs restera aussi comme un sacré personnage et une figure à part du football algérien.

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