Maroc : Beaumelle – “une volonté commune de ne pas travailler avec Halilhodzic” [Exclu]

Quelques jours après les premières parties de notre entretien avec Patrice Beaumelle, entraîneur du MC Alger, centrées sur Youcef Belaïli et l’Algérie, découvrez la troisième partie. En exclusivité pour Afrik-Foot.com, le technicien français a abordé sa relation avec son ex-mentor Hervé Renard, son passage contrasté au Maroc, ses échanges avec Vahid Halilhodzic et ses favoris pour la CAN 2023.

Entretien réalisé par Nacym Djender,

Claude Le Roy avait Hervé et Renard avait Patrice comme adjoint. Avez-vous trouvé votre acolyte comme adjoint ou vous préférez naviguer en solo ?

Le football évolue. Lorsque Hervé était adjoint de Claude Le Roy, c’était vers la fin des années 2000 (2007, 2008 au Ghana), moi je suis arrivé avec Hervé en 2008 en Zambie, on était deux à composer le staff technique. Il y avait lui et moi. A l’époque, pour la CAN 2010, on n’avait même pas d’entraîneur des gardiens, c’est moi qui faisais des séances spécifiques, en plus de la préparation physique et des entraînements. Et aujourd’hui, par chance, on peut avoir des équipes de staff un peu plus élaborées. Aujourd’hui Hervé, que ce soit avec l’Arabie Saoudite ou avec l’équipe de France, il a plusieurs adjoints.

Moi, c’est vrai que, depuis le Maroc, puis la Côte d’Ivoire et maintenant au Mouloudia, j’ai des adjoints qui me suivent, j’ai pu avoir des Gilles Morisseau qui ont été adjoints de Bruno Metsu dans le passé, j’ai Saad Ichalalène qui a été mon joueur dans le passé et qui était ensuite parti travailler au PSG et puis en Malaisie. Donc, aujourd’hui, ce sont des adjoints que je connais très bien qui me suivent, que ce soit pour le Maroc, la Côte d’Ivoire ou le Mouloudia. Pour la préparation physique, il y a Olivier Martinez que je connais depuis trente ans. Pareil, Olivier Cavaillès, qui est analyste vidéo, me suit depuis le Maroc et la Côte d’Ivoire.

Vous avez donc votre propre équipe ?

Exactement ! J’ai même des membres du staff médical qui peuvent me suivre parce qu’ils me connaissent parfaitement, ils connaissent ma philosophie. Donc c'est tout un staff… et je les remercie, c'est tout un staff qui œuvre au quotidien dans ma philosophie. Je suis très exigeant, j'ai mon caractère et je les remercie d'être patients, et pour tout le travail qu'ils font souvent dans l'ombre.

Patrice Beaumelle, MC Alger

On va encore parler un peu d’Hervé Renard parce que c'est une histoire assez marquante entre vous deux : vous avez réalisé quelque chose d'incroyable en gagnant à deux reprises avec deux sélections différentes (la CAN avec la Zambie puis la Côte d'Ivoire). Donc, Hervé à la tête de l'équipe de France féminine, est-ce que c'était envisageable au départ lorsque vous étiez ensemble au Maroc ? Vous n’en aviez jamais discuté, non ?

Non, sincèrement, revenir en France n’était pas forcément sa priorité. Je sais qu'il aimait beaucoup les sélections. Lorsqu'il était en Afrique, il s’y sentait bien, quand il est parti au Moyen-Orient, ça lui convenait aussi, la Coupe du monde au Qatar était son objectif. Après, vous savez, lorsque vous avez eu plein d’expériences dans différents continents, peut-être qu’essayer de rendre service et d'apporter son expertise à son propre pays, c'est une fierté. Peut-être que lorsqu'il a eu la possibilité de prendre cette belle équipe de France féminine qui, pour moi, fait partie des meilleures au monde, il s’est dit qu’il allait encore vivre des émotions à faire une Coupe du monde et des JO chez lui en 2024, à Paris. Donc, je pense que c'était sa motivation, son leitmotiv. Moi, je parlais souvent du football féminin des États-Unis et autres parce que j'ai un regard assez poussé là-dessus, mais lui n'était pas, à l'époque, forcément très sensible. Mais aujourd'hui, je peux comprendre, par rapport à la Coupe du monde qui vient de passer et puis aux JO qui arrivent.

« Avec Hervé Renard, 99% du temps on s'entendait sur tout »

Lorsque vous étiez adjoint de Renard, est-ce qu’il vous est arrivé d'être en désaccord avec des décisions, et lesquelles précisément ?

En désaccord, non. Je vais vous faire de part de mon fonctionnement, lorsqu’on a commencé à travailler ensemble, on nous appelait « le binôme » parce qu'on était très complémentaires. Bien sûr, c'était lui le patron, mais on était en binôme, on se répartissait les tâches. En fait, je lui avais dit que mon fonctionnement c'est de dire tout ce que je ressens au moment précis, parce qu’en tant qu'adjoint, lui dire après coup « ah, je savais qu’on pouvait faire ça, je voulais te le dire », ça ne lui servira à rien. Donc, j’ai toujours dit ce que je pensais, ça reste entre lui et moi. Après, est-ce qu’il m'a suivi ? Parfois oui, parfois non. Parfois c'était justifié, parfois ça ne l’était pas, mais ça reste entre nous. Mais 99% du temps on s'entendait sur tout. En tout cas, il avait mon avis.

Sinon ça n'aurait pas duré si longtemps…

Exactement. Il avait mon avis, il savait ce que je ressentais, ce que je pensais, et c’était à lui de trancher après, de savoir s'il faisait comme moi ou s'il prenait une autre direction. Comme je vous ai dit, il n'y a pas de hasard. Pour que ça marche plus d'une dizaine d'années, c'est parce qu’on avait la même philosophie de travail, les mêmes idées, et on a vraiment pris beaucoup de plaisir à travailler ensemble.

Dans quel pays ou quel club avez-vous eu le sentiment de ne pas avoir été respecté à votre juste valeur ?

Aucun. Il faut bien remettre la question à sa place. Il y a certains pays où j’étais adjoint et où j'étais valorisé comme un futur très grand numéro un. Donc c'est là où je vous dis, pour moi, j'ai toujours été jugé à ma juste valeur…

Par exemple, le Maroc ?

Bien sûr, le Maroc. Au Maroc, je suis arrivé adjoint et je suis reparti adjoint. Donc j'ai été valorisé à juste titre parce que j'ai beaucoup travaillé et j'avais d'excellents rapports et d'excellentes relations avec les dirigeants, les joueurs, les membres de tous les staffs…

« J'ai un rapport fusionnel avec Fouzi Lekjaa»

Quel était votre rapport avec le président Fouzi Lekjaa, par exemple ?

Fusionnel ! Oui, fusionnel. Ça pouvait même déranger certaines personnes parce qu’il m’appréciait beaucoup. J'ai le souvenir qu’il assistait à toutes les séances d'entraînement de la CAN 2017 au Gabon, à notre préparation. C’est un passionné de football, président de la RS Berkane, c'est vraiment un vrai passionné de football. Il adore le football, il va souvent en Espagne voir des matchs de Liga. Donc un rapport fusionnel parce qu’il m'avait félicité après la CAN 2017 pour tout le travail que j'avais pu faire. Il a toujours su valoriser mon travail et le mettre en avant. Donc j'ai toujours eu une belle relation avec cet homme, qui est un grand homme et je pense que le Maroc lui doit beaucoup dans la place que le pays occupe aujourd'hui dans le football mondial.

N'empêche que vous avez quitté le Maroc un peu déçu, non ?

Non, pas déçu, je ne dirai pas ça… Déçu, si vous voulez, de ne pas être allé plus loin dans cette CAN 2019, de ne pas être allé plus loin dans cette Coupe du monde 2018 parce qu’au final, en 4 ans, on a fait la Coupe d'Afrique 2017, on perd en quart de finale contre l’Égypte. Lors de la Coupe du monde, on perd au premier tour, enfin on ne passe pas au second tour, mais j'ai la sensation d'avoir fait un grand match contre l'Iran, j'ai la sensation d'avoir fait un très grand match contre le Portugal et un énorme match contre l'Espagne. On ne sort pas des poules, mais on peut dire qu'on avait laissé une marque très importante dans la Coupe du monde de 2018 en Russie, d’un point de vue contenu. Cette équipe du Maroc, depuis 2016 où nous sommes arrivés, n'a cessé de progresser et elle progresse encore…

Patrice Beaumelle, MC Alger

Le déclic s’était déjà opéré dans la tête des joueurs ?

Bien sûr ! Mais c’était le travail de tous : le président, la fédération, le DTN Nasser Larguet avec qui j'ai beaucoup travaillé sur l'élaboration du centre Maâmoura Mohammed VI, où j'ai eu mon mot à dire dans la construction des infrastructures, des terrains, des salles de musculation, de tout. On a beaucoup travaillé. Le président Fouzi Lekjaa nous avait donné carte blanche, donc ç’a été un travail énorme. Vous ne pouvez même pas imaginer le travail effectué. Donc en 2019, en Égypte, on devait gagner contre le Bénin parce qu’on était armés pour gagner, ça reste du football. On ne passe pas aux tirs au but. Ça, c’est ma déception, parce que je pense que si on passe, on peut être dans le dernier carré, et pourquoi pas aller au bout. Mais on ne passe pas. Dans ces moments-là, peut-être qu’on a manqué de calme. Hervé avait dit qu'il partirait avant la CAN en Arabie Saoudite. Si on va plus loin, est-ce qu’on me donne l'équipe ou pas ? Ça, l'histoire ne nous l'a pas dit, puisqu’on n’est pas allés plus loin. Après tout résultat un petit peu décevant, il y a toujours du changement. Donc, n'ayant pas gagné la CAN ou n’ayant pas réussi à atteindre les objectifs attendus, les dirigeants ont décidé de faire appel à un autre sélectionneur. Moi j'étais sous contrat, je n'ai pas suivi Hervé en Arabie Saoudite, c'était prévu que je ne le suive pas…

« Hervé Renard m’avait dit qu’après la CAN 2019, il partirait en Arabie Saoudite »

Pour quelle raison vous ne vouliez pas suivre Hervé ?

Non, dans nos discussions en mars 2019, Hervé m’a dit qu’après la CAN de 2019 en Égypte, il partira en Arabie Saoudite. Je le savais…

Vous aviez d'autres ambitions, personnellement ? Vous aviez en tête de prendre la sélection du Maroc, carrément ?

J’ai toujours eu des ambitions depuis le début de ma carrière…

Non, sur le plan individuel. Vous vouliez prendre le Maroc à cette époque ?

Non, non, l’ambition n’était pas de prendre le Maroc. L’ambition, c'était de travailler dans la continuité. Donc qui dit continuité – j'étais adjoint principal de l'équipe des Lions de l'Atlas-, Hervé s'en allant, c'était au président et au comité exécutif de préparer l'avenir. Donc on avait préparé l'avenir. Suite à la déception de la CAN 2019, ils ont longuement hésité, ils ont fait un appel à candidatures et ils ont reçu plusieurs sélectionneurs potentiels. Donc, j'ai senti qu’ils ne feraient pas appel à moi. J’étais sous contrat. Quand vous êtes sous contrat et qu’un nouveau sélectionneur arrive, ça ne se passe pas toujours comme prévu. Donc ça s'est fini comme ça doit se finir dans le football…

Quand on lit, par exemple, dans les journaux « Beaumelle est payé à 550 000 dirhams par mois à ne rien faire », on ressent quoi et on réagit comment à ce moment-là ?

Oui, mais ce sont les mêmes personnes qui, quelques mois avant, sont heureuses d’encenser l’équipe. Ils nous valorisent, ils nous adulent parce qu’on a qualifié le Maroc pour une Coupe du monde et que cela faisait 20 ans que le Maroc n'avait pas participé à une Coupe du monde. Donc ce sont les mêmes qui sont heureux quand tout va bien et qui ont tendance à dire n'importe quoi, quand il y a une déception…

Comment gère-t-on ces moments-là, comment avez-vous géré toutes ces critiques ?

Je n’ai pas eu la sensation d’avoir eu beaucoup de critiques. Ces critiques sont sorties sur une période de deux mois où les gens se demandaient ce que je faisais, Hervé Renard étant parti, l'équipe du Maroc étant en regroupement, pourquoi je n'y étais pas. Et pourtant, moi aussi je posais les mêmes questions. Pourquoi je n'y suis pas ? Parce que je suis sous contrat. Après, vous savez, c'est des règlements de contrat, qui est-ce qui fait quoi. Mais je n'ai jamais été payé à ne rien faire, bien au contraire ! J’ai beaucoup travaillé et je suis fier de ce que j’ai pu apporter aux Lions de l'Atlas, au Royaume du Maroc, à la fédération et à toutes les équipes. Aujourd’hui, je garde un très grand souvenir de mon passage au Maroc.

« Pas surpris du parcours du Maroc au Mondial »

Est-ce que vous auriez aimé travailler avec Vahid Halilhodzic, lui qui vous a refusé ?

J'ai rencontré Monsieur Halilhodzic, j'ai pu échanger avec lui sur 48 heures. Avec tout le respect que j'ai pour ce monsieur et sa carrière énorme et tout ce qu'il a pu faire, parfois il y a des incompatibilités et je dirais que c'était une volonté commune de ne pas travailler ensemble. Après, c’est lui qui décide car j’aurais pu dire que je ne voulais pas, mais s’il avait dit « il faut que tu viennes », j'avais des obligations contractuelles. Mais on s'est croisés, on s'est respectés après… chacun a mené sa carrière de son côté…

Qu’est-ce qui vous a déplu dans la manière de faire d’Hallilhodzic ? Qu’est-ce qu’il avait de répulsif au juste ?

Je pense que, pour faire un résumé, tout ce qu'on peut ne pas aimer c'est ce qu'on peut avoir besoin et aimer de temps en temps. C'est quelqu'un qui est très rigoureux, à l'extrême, très directif, très autoritaire…

Dictateur ?

Non, je ne dirais pas cela, mais il a sa façon de travailler.

Dominateur ?

Non, non. Ni dictateur, ni dominateur, ce ne sont pas mes propos. Je dis juste qu’il est autoritaire. Mais je dirais tout simplement que dans ma vie d'entraîneur adjoint, je travaille avec quelqu'un, je ne travaille pas pour quelqu'un.

C'était un moment de solitude qui vous a certainement appris des choses, non ?

Oui et non, à relativiser surtout. Dans notre carrière d'entraîneur, on peut être adulé. J'ai connu tout ça avec la Zambie quand on a gagné la CAN, quand on est revenus du Tchad troisièmes, avec la Côte d'Ivoire quand on gagne la CAN. J'ai connu cela quand on s’est qualifiés pour la Coupe du monde où on rentre au pays, les stades sont pleins, on est reçus dans les plus beaux endroits par les chefs d'État et autres. Parfois ça fait du bien aussi d'être en situation où on ne comprend pas pourquoi on nous critique alors qu’on a fait de notre mieux pour apporter toute notre expertise, mais on relativise. Au final, quand je me regarde dans un miroir, je suis en parfaite harmonie et adéquation avec ma philosophie, mes valeurs, et je peux passer partout la tête haute. Mes parents et mes enfants, aussi. Donc sincèrement, il faut relativiser. Ça reste du football. Vous êtes mis un petit peu sur le côté parce que le sélectionneur et vous-même ne travaillez pas ensemble, vous attendez de voir ce qu’il va se passer, vous quittez vos fonctions et vous attendez. Puis, Dieu merci, al hamdoulilah, je n’ai pas attendu longtemps puisque j’ai quitté le Maroc le 19 décembre, et le 3 mars j’ai signé pour être sélectionneur de la Côte d'Ivoire. Donc c’était une période très courte.

C’est une belle reconnaissance de votre talent surtout. Comment aviez-vous vécu la belle aventure des Lions de l'Atlas au Qatar justement ?

Dans la continuité de tout ce qu'on a pu faire. Pour moi, certains dans le monde entier ont dit « waouh le Maroc » mais je n'étais pas surpris. D'ailleurs, j'ai travaillé pendant toute la Coupe du monde chez vos confrères de Canal+ où j'ai commenté les matchs du Maroc et je l'avais dit dès le départ : cette équipe pouvait surprendre parce qu’on était dans la continuité. Les joueurs se connaissaient. Même s'il y a eu deux changements de sélectionneurs entre Hervé Renard et moi-même, puis Vahid et Walid Regragui, il y avait de la continuité. C’est le plus important. Donc, avec la qualité des joueurs, je n’étais pas surpris.

« Walid Regragui a travaillé dans notre continuité »

Vous sentiez que c'était votre équipe, vos joueurs, qui appliquaient aussi quelques-unes de vos consignes ? C'est comme ça que vous l'avez vécu ? Vous étiez fier ?

Oui, j’étais fier parce que j’envoyais des messages aux joueurs… J'entretiens de belles relations avec eux…

A qui, par exemple ?

J’envoyais des messages à Hakimi, à Bounou, à Boufal, à tous… à Amrabat, qui a été fantastique, Noussaïr Mazraoui, Romain Saïs le capitaine, Naïf Aguerd, vraiment tous. On les a eus en sélection, on les a vus grandir, on les a vus venir comme des jeunes. Hakimi, à 17 ans et des poussières, vient avec nous dans l'équipe et il n'est plus jamais reparti. Lors de son premier match avec nous contre le Mali, à Rabat, il est latéral gauche et marque un but pour sa première sélection. Ce sont des garçons avec qui vous avez du plaisir à échanger quand vous travaillez avec eux. Ce sont de grands champions et j'ai pris du plaisir à les voir, j'ai vibré à les voir évoluer.

Patrice Beaumelle, MC Alger

N'est-ce pas un peu frustrant de les voir justement évoluer sans vous et vous dire que vous auriez pu vivre tout ça vous-même en Coupe du monde avec eux ?

Frustrant ? Non.

Juste fier ?

Oui, une grosse fierté. A chaque fois, dans mes commentaires, je disais que c'est une grosse fierté parce que je ne suis pas surpris. Arriver en demi-finale de la Coupe du monde, ça peut paraître dingue, mais je savais qu'au Qatar, dans un pays arabe, du monde arabe, dans ces conditions, ça allait sublimer cette équipe. Les joueurs avaient soif de prouver qu’ils peuvent marquer l’histoire. Cela faisait quatre, cinq ans qu’ils accusaient le coup : en Coupe d'Afrique 2017, Coupe du monde 2018, Coupe d’Afrique 2019… Et vous savez, toutes ces équipes qui déçoivent, tôt ou tard arrivent à avoir des résultats comme l'Argentine, le Sénégal, ou la Côte d'Ivoire à l'époque. Donc je ne suis pas surpris que cette équipe arrive dans cette Coupe du monde avec autant de maturité.

Comment le technicien que vous êtes arrivait à décortiquer le jeu prôné par Walid Regragui ? Que diriez-vous pour définir son style de jeu ?

Walid est arrivé juste avant la Coupe du monde, donc la touche qu'il a pu apporter est une touche vraiment psychologique et de cohésion, il a apporté ses petites retouches. Mais c'est un travail dans la continuité de tout ce qui avait été fait avant.

« Le Maroc doit se retrouver au moins dans le dernier carré de la CAN »

Quelles sont les chances du Maroc pour la prochaine CAN ?

C'est de prouver que cette équipe a une certaine stabilité dans les performances, c’est-à-dire de se retrouver au moins dans le dernier carré, comme à la Coupe du monde.

Et vos favoris pour la CAN ?

Oh, je ne suis pas très bon pronostiqueur, mais je dirais que ce qui me plaît ce sont les équipes que j’ai entraînées. C’est la Côte d’Ivoire parce qu’elle est à la maison, que c'est la dernière sélection que j'ai entraînée et que j’ai quand même apporté beaucoup de choses dans cette équipe. Le Maroc parce que je les ai entraînés aussi, puis ils ont eu de bons résultats. L'Algérie parce que je les connais tous et que j'ai envie qu’ils aillent le plus loin possible. Et enfin la Zambie parce qu’elle est outsider tout le temps mais elle peut faire mal à tout moment…

Ce sont donc des favoris affectifs, on va dire ?

Oui, il y a de l’affection. Après, le Mali, le Sénégal, le Cameroun, l'Égypte, toujours les mêmes.

Rendez-vous mardi pour la dernière partie de notre entretien avec Patrice Beaumelle, où il sera question de la Côte d'Ivoire, de la Zambie et de ses ambitions pour la suite de sa carrière.

Nacym Djender

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Lantheaume Romain

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !