L’Egypte est devenue vendredi soir l’équipe la plus titrée de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations en remportant sa cinquième couronne face à la Côte d’Ivoire. Didier Drogba, le capitaine des Eléphants ivoirien, a été le héros malheureux de la rencontre, étrangement imprécis durant le temps réglementaire et stoppé par le gardien égyptien El Hadari durant la séance des tirs aux but qui a clos la rencontre. Dominatrice, la Côte d’Ivoire peut nourrir des regrets mais aura le temps de se reprendre avant la Coupe du Monde 2006, en Allemagne.


Didier Drogba et les siens n’ont pas soulevé la Coupe d’Afrique des Nations (Can) sur la terre égyptienne. Les Pharaons les ont battu en finale de la compétition, durant la séance des tirs au but, et se placent comme la seule sélection à avoir remporté le tournoi à cinq reprises, devant le Cameroun et le Ghana (quatre victoires). Les Ivoiriens auront l’occasion d’offrir à nouveau de la joie à leur peuple lors de la Coupe du Monde 2006, en Allemagne.

Le Président ivoirien Laurent Gbagbo ne s’est pas déplacé au Cairo Stadium, chauffé à blanc et acquis aux Pharaons, mais il a envoyé une délégation comprenant pas moins de 150 personnes pour le représenter. Sportivement, il faut pour l’Egypte aller au bout d’une compétition qu’elle organise et faire oublier son absence du Mondial 2006. Pour les Eléphants d’Henri Michel, il s’agit de remporter la première Can de l’histoire du football ivoirien et de s’affirmer comme la meilleure nation du foot africain, avant de participer à sa première phase finale de Coupe du Monde cet été.

Un long round d’observation

Dès le coup de sifflet, les Egyptiens montrent qu’ils sont chez eux, mettent le pied sur la balle et la fond tourner durant un long round d’observation. Les Ivoiriens sont bien en placent et forcent leurs adversaires à passer par la défense, laquelle balance de longs ballons pour ses attaquants. Mido, en jogging, est dans la tribune de presse. Pas exclut de la sélection, il n’est pas non plus sur le banc des remplaçants. Sans être offensifs, les Pharaons confisquent la balle et se montrent pour la première fois dangereux à la 5è minute par Zaki, le remplaçant de Mido, qui reçoit une passe dans la profondeur, à droite de l’entrée de la surface, mais croise trop sa demi-volée. Sept minutes plus tard, le coup franc égyptien joué à trois frôle le poteau gauche de Jean-Jacques Tizié. Les Ivoiriens commencent alors à sortir et à trouver leurs attaquants, qui ne s’étaient jusque là montrés qu’en défense.

C’est désormais leur tour de conserver la balle. Ils tentent de passer par le centre, mais avec aussi peut de succès que les Pharaons, qui eux privilégiaient les centres aériens depuis les ailes. Mais à la 33è, les Egyptiens manquent de reprendre un centre au second poteau, Zaki ratant sa reprise dans la foulée. Trois minutes plus tard, les Eléphants ont un énorme deux contre un à jouer en contre-attaque. Drogba est lancé dans la profondeur mais il marche sur la balle ; repris par un défenseur, il ne peut glisser à son coéquipier libre de tout marquage. Les partenaires du buteur de Chelsea terminent fort et à la 39è, c’est le milieu d’Arsenal (Londres), Kolo Touré, seul au second poteau, qui rate sa reprise sur la déviation d’un corner. Dans les arrêts de jeu, Akalé, toujours stoppé dans ses dribbles jusque là, trouve une position de tir. Mais le portier égyptien, El Hadari, se couche parfaitement sur sa frappe vicieuse.

Des regrets

Sur le coup d’envoi de la seconde période, Drogba se retrouve en un contre un face au gardien mais il est signalé hors jeu, à tort. Les deux équipes continuent à se neutraliser et pour changer la donne, Henri Michel fait rentrer Kalou à la place d’Akalé à la 60è minute. Mais le parisien ne semble pas en mesure de faire la différence au vu de ses premiers dribbles. A la 70ème, le coup franc de Drogba sur la gauche de la surface égyptienne termine dans le mur, qui n’était pas à neuf mètres. Il aura vite l’occasion de se rattraper. A la 76è minute, Arouna Koné récupère la balle qu’Emerse Faé a sauvé de la sortie de but, au poteau de corner droit, passe à Drogba, seul devant le but vide, qui frappe au dessus… Il s’en mordra les doigts.

Les Eléphants ne baissent pourtant pas les bras et se trouvent de plus en plus facilement, alors que les Egyptiens perdent le ballon bien trop vite. Ces derniers croient réussir le hold-up (sur la seconde période), quant à la 83è Zaki met la balle dans le but après un cafouillage dans la surface ivoirienne. Mais les Eléphants sont sauvés par l’arbitre de touche, qui signal un hors jeu de position. Cette occasion a le mérite de réveiller les coéquipiers du remuant Zaki, qui se montrent dangereux en contre, même si c’est de nouveau Drogba qui est le plus menaçant, à la 90è, sur un centre aérien qu’il ne parvient pas à redresser dans le but d’El Hadari. Les deux équipes joueront leurs deuxièmes prolongations du tournoi.

Drogba héros malheureux

Les Eléphants paraissent toujours aussi dominateurs à l’entame des prolongations, quant l’arbitre de la rencontre profite du pied qu’un défenseur ivoirien lève aussi haut que l’attaquant sur lequel il défendait, dans sa surface, pour siffler un penalty. Mais ô miracle, Fozié, qui n’avait pu arrêter la moindre frappe durant l’interminable séance de tirs au but de son équipe face au Cameroun, se détend côté gauche et détourne le tir d’Ahmed Hassan aves l’aide du poteau. Le penalty a-t-il refroidit les Ivoiriens ? En tout cas, eux qui paraissaient si fringants semblent tout à coup aussi fatigués que leurs adversaires. La séance des tirs au but devient inévitable.

Comme Platini avec la France, lors du Mondial 1988, ou Roberto Baggio avec l’Italie, en 1994, Didier Drogba, symbole de la sélection de Côte d’Ivoire, voit sa frappe arrêtée par El Hadari. Abdel Halim remet les deux équipes à égalité en tirant dans les étoiles, mais c’est au tour du jeune Bakari Koné de voir sa frappe interceptée par un El Hadari énorme. Abo Treka ne gâche pas l’honneur qui lui revient de donner la cinquième Can de son histoire à l’Egypte. Il trompe Fozié et fait de son pays le plus titré dans la compétition panafricaine.