Battue par le Liberia samedi lors de la 2e journée des éliminatoires de la CAN 2017, la Tunisie ne digère pas les conditions dans lesquelles sa délégation a été accueillie et le maintien du match qui s’est déroulé durant un violent orage. La Fédération entend envoyer un rapport à la CAF.


La Tunisie l’a toujours mauvaise… Larges vainqueurs de Djibouti lors de la 1ère journée des éliminatoires de la CAN 2017 (8-1), les Aigles de Carthage ont déchanté samedi à Monrovia, où ils ont dû s’incliner face à une surprenante équipe du Liberia, qui retrouvait son public plus d’un an après l’interdiction de match à domicile en raison du virus Ebola (1-0). Rencontre qui laissera un goût amer à Henryk Kasperczak et à ses hommes, qui ont longtemps dû batailler sur un terrain peu propice au jeu au cours d’un match qui s’est déroulé dans des conditions dantesques.

La capitale libérienne frappée par un violent orage le jour de la rencontre, la tenue du match a longtemps été incertaine, l’arbitre et les délégués de la CAF multipliant les inspections sur une pelouse totalement détrempée. Face aux conditions atmosphériques, beIN Sports qui devait initialement diffuser la rencontre a fini par se rétracter, proposant un autre programme à ses abonnés. Les prémices d’un mauvais après-midi pour les Tunisiens, qui vont finir par céder sur une réalisation de Francis Doué dans le dernier quart d’heure et laisser filer trois points dans la course à la qualification.

Un air de CAN 2015…

Autant dire que la déception régnait dans le camp tunisien au coup de sifflet final, même si du côté de l’encadrement il y avait plus un sentiment de colère à l’encontre de l’hôte libérien. Porte-parole de la Fédération tunisienne (FTF), Nabil Daboussi ne se faisait pas prier pour tacler l’organisation. « C’est la première fois que la sélection joue dans des conditions pareilles. On va faire appel à la CAF et on va se plaindre parce que c’est pas normal de jouer dans ces conditions-là« , a-t-il notamment déploré sur les ondes de Mosaïque FM, relatant les conditions d’hébergement de l’équipe au rythme des coupures d’eau et d’électricité, mais aussi d’accueil au stade avec des chaises dispersées dans une pièce spartiate en guise de vestiaire et sans eau dans ce qui a servi de douches.

Loin, très loin des standards habituelles, même si les Tunisiens avaient déjà rencontré pareilles mésaventures lors de leur séjour encore marquant en Guinée Equatoriale durant la CAN 2015. Et pour couronner le tout, le Stade Antoinette Tubman a été envahi par un public euphorique au coup de sifflet final, mettant ainsi en danger l’intégrité des acteurs de cette partie. Un point répréhensible par la Confédération africaine de football, qui a déjà sévi par le passé face à ce genres de comportements, sur lequel compte s’appuyer la FTF.

Quelle(s) sanction(s) pour le Liberia ?

Le camp tunisien entend ainsi faire parvenir un rapport détaillé à la CAF sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées cette rencontre, de l’arrivée des Tunisiens au Liberia jusqu’à leur départ, afin que l’instance puisse être informée de ce qui s’est passé à Monrovia. De quoi s’attendre à une sanction du Liberia sur le plan comptable ? Scénario quasi-impossible étant donné que sur le terrain les Lones Stars se sont imposés sans contestation possible. En revanche, l’équipe pourrait être frappée d’une amende accompagnée d’un huis clos lors de sa prochaine sortie à domicile face à Djibouti, la CAF se montrant plus ferme en matière de sécurité dans les stades. De son côté, la Tunisie va devoir se remobiliser et avoir le mois de mars dans son viseur avec la double confrontation face au Togo qui, elle, sera décisive dans l’optique de la qualification.