Le quart de finale Sénégal-Bénin programmé ce mercredi à 16h GMT (18h en France) marque l’entrée en lice de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) pour la première fois dans un match de la Coupe d’Afrique des Nations. Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que cette technologie ait laissé de bons souvenirs sur le continent. La preuve en 3 épisodes.

1. Le Mondial 2018

Pour la première fois, la VAR était en place à la Coupe du monde 2018. Et on ne peut pas dire qu’elle ait aidé les 5 représentants africains… Le cas le plus flagrant est celui du Maroc, qui en garde un très mauvais souvenir. A deux reprises au moins, cette technologie n’a pas été utilisée alors qu’elle aurait permis aux Lions de l’Atlas d’éviter d’encaisser un but. D’abord contre le Portugal (0-1) sur une poussette de Pepe, puis contre l’Espagne (2-2) sur un corner tiré du mauvais côté juste avant l’égalisation adverse. Des oublis qui feront dire à l’ailier Nordin Amrabat le célèbre : «VAR is a bullshit (la VAR, c’est de la m…)».

2. La finale aller de LDC 2018, Al Ahly-Espérance Tunis (3-1)

Pour la 1ère utilisation de la VAR en finale de la C1 africaine, l’Algérien Mehdi Abid Charef a offert un véritable festival en accordant deux penalties inexistants à Al Ahly, dont un surréaliste après que Walid Azaro se soit lui-même déchiré le maillot pour l’induire en erreur. A chaque fois pourtant, l’officiel a consulté la VAR mais il a décidé (par orgueil ?) de maintenir sa décision initiale alors que les images montraient le contraire. Qualifié «d’arbitre qui refuse la VAR» par la CAF, le sifflet s’en tirera pourtant avec une simple suspension de quelques semaines. L’EST renversera Al Ahly 3-0 au retour sans polémique (et sans VAR, même si cela n’a jamais été officialisé).

3. Finales aller et retour de la LDC 2018/19, Wydad-Espérance

Nouvelle finale et nouvelles polémiques avec d’abord l’aller (1-1) comme acte I. A deux reprises, l’arbitre Gehad Gerisha consulte la VAR avec, à chaque fois, deux décisions très litigieuses et défavorables au WAC (but annulé et un penalty non accordé). Suite à une lettre de contestation de la Fédération marocaine (FRMF), l’Egyptien sera suspendu 6 mois pour sa « faible performance » puis finalement réintégré quelques semaines plus tard en appel, ce qui lui permet d’officier durant la CAN 2019 à la maison.

L’acte II, le summum, a lieu au retour. A la 60e minute, alors que le WAC se voit refuser à tort le but du 1-1, les Marocains font pression sur l’arbitre Bakary Gassama afin que celui-ci consulte la VAR. C’est là que tout le monde se rend compte que la VAR est hors-service ce jour-là… Dès lors, les visiteurs refusent de reprendre le jeu. Après 1h30 de cacophonie, le match est définitivement interrompu et l’EST sacrée. Mais la CAF tient un comité d’urgence quelques jours plus tard et celui-ci décide de faire rejouer la manche retour sur terrain neutre après la CAN. Depuis, les deux clubs ont saisi le TAS et cette affaire est toujours en cours.

Malgré ces douloureux précédents, restons optimistes, la CAF a justement expliqué que si elle a introduit la VAR seulement à partir des quarts, c’est pour éviter tout cafouillage et pour être sûr que cette technologie fonctionnera à 100%.

Rappel – Les 4 types d’actions sur lesquelles la VAR peut intervenir :

  • Savoir s’il y a but ou non;
  • Savoir s’il y a pénalty ou non;
  • Savoir s’il y a un carton rouge direct (pas sur un second carton jaune);
  • Doute sur l’identité d’un joueur sanctionné ;