Deux supporters du Paris Saint germain ont été condamnés lundi à six et quatre mois de prison ferme, après une agression raciste, deux jours plus tôt, sur un jeune français d’origine sénégalaise. Selon la Licra, c’est la première fois en France que des telles violences, exercées à l’issue d’un match de football, sont si sévèrement punies.


« Ma seule présence a déchaîné la haine », a témoigné lundi, devant le tribunal correctionnel du Mans, le jeune français d’origine sénégalaise agressé deux jours plus tôt par des supporters du Paris Saint germain (PSG). Dans la nuit de samedi à dimanche, il a eu le malheur de croiser leur route après la rencontre de Ligue 1 (première division) Le Mans-PSG. Ces derniers, qui entonnaient des chants racistes, ont commencé par lui lancer des insultes de la même nature (« sale nègre ») avant de l’agresser parce qu’il « avait osé les regarder », rapporte l’AFP. La victime, âgée de 19 ans, a notamment reçu un coup de chaise sur le haut du crâne qui lui a occasionné une incapacité de travail de trois jours.

La réponse de la justice a été exemplaire. Jugés lundi en comparution immédiate, deux des six supporters ont écopé de six et quatre mois de prison ferme, les quatre autres ayant été relaxés. Le Procureur de la République a confirmé à Afrik que le caractère raciste de l’agression figurait dans l’acte d’accusation. Durant le procès, un agent des Renseignements généraux a indiqué que ces jeunes hommes, âgés de 20 à 26 ans, « appartenaient à un groupe de skinhead » d’extrême droite. Celui qui a été le plus lourdement condamné était même interdit de stade pour incitation à la haine et à la xénophobie.

Une sanction historique

La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), partenaire en France de l’association européenne Fare (Football against racism in Europe), s’est félicitée mardi de la « réactivité des pouvoirs publics » dans cette affaire. Selon Carine Bloch, vice-présidente chargée du sport au sein de l’association, « c’est la première fois que des peines aussi fortes sont prononcées, en France, contre des supporters ». Son collègue, Pierre Fournel, souligne un « vrai durcissement depuis les dernières lois dissuasives », telles que celles sur la dissolution de groupes de supporters ou sur l’interdiction de stade préventive. Même s’il regrette que cette dernière se fait à la discrétion de la préfecture, sans passage devant la justice.

La sanction pendait au nez des supporters parisiens, dont certains groupes sont connus pour leur activisme d’extrême droite. Le 3 mars dernier, trois d’entre eux avaient été condamnés à trois ans d’interdiction de stade après des actes racistes. Lors d’un match dédié à la lutte antiraciste, ils avaient déployé une banderole dans la tribune Boulogne, au Parc des Princes, avec le slogan « Allez les Blancs ! NBP 88 ». NBP pour New Blood Paris, un groupe extrémiste, et 88 pour la huitième lettre de l’alphabet, H, pour Heil Hitler. Pierre Fournel estime néanmoins qu’il ne faut pas focaliser uniquement sur le PSG, d’autres clubs du championnat français, tels Lyon, Strasbourg, Lille ou encore Nice posant aussi des difficultés en matière d’activisme raciste.