Le Gabonais Selim Haroun Nze n’a que 18 ans mais a déjà deux sélections nationales à son actif. Formé à Boca (près de Libreville), le défenseur gabonais, un temps courtisé par Chelsea et Manchester City, évolue aujourd’hui avec la réserve de Valenciennes. Avant d’aller voir plus haut?


Amateur mais déjà international. Pas mal quand on a 18 ans et qu’on rêve de percer dans le milieu difficile du ballon rond. Selim Haroun Nze, né d’un père algérien et d’une mère gabonaise a des raisons d’y croire. En 2009, alors qu’il n’a que 16 ans, le jeune métis, qui à l’époque était en Sport-Études à Paris, est repéré par le géant Manchester City. Les dirigeants du club anglais lui proposent alors un contrat professionnel avec une année de prêt a Sheffield en D2 anglaise. Mais la transaction ne s’effectuera jamais. Selim n’obtiendra pas son permis de travail, réservé en Angleterre aux internationaux étrangers chevronnés.
L’affaire se répéta la même année, avec Chelsea cette fois-ci. « Sur le coup, ça été une grande déception, mais au final c’est pas si grave que ça. C’est un mal pour un bien car je sais que j’ai des capacités pour faire quelque chose de ma vie« , a expliqué le Gabonais à Afrik-foot.

La preuve, à peine un an après, le club de Valenciennes (Ligue 1) fait appel lui pour intégrer le centre de formation et l’équipe réserve. Si pour l’instant, aucun contrat professionnel ne lui a été proposé, Selim ne désespère pas : « Franchement, ça se passe très bien à Valenciennes. J’ai progressé. Mon objectif est de signer. Si ça ne débouche sur rien, j’irai ailleurs. » En attendant de passer professionnel, le jeune homme continues ses études. « Je suis en Terminale ES. J’ai vraiment envie d’avoir mon bac, c’est aussi important que le foot« , explique Selim qui rêve d’une carrière d’avocat au cas où celle de footballeur ne marcherait pas. « Il faut toujours penser à l’avenir. On est pas à l’abri d’une blessure« , conclut-il.

La sélection nationale

Déjà sélectionné deux fois avec les Panthères (contre la Corse et la RDC), Selim Haroun Nzé espère continuer sur sa lancée. « Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. On s’entend super bien. Je suis assez proche des frères Aubameyang, de Levy (Madinda) et Lloyd (Palun) qui sont nouveaux comme moi. Les grands, nous donnent aussi beaucoup de conseils. » Très proche de son entraineur, qu’il a souvent au téléphone, Selim reste pourtant lucide quand on lui évoque la CAN 2012: « Sincèrement, même si je souhaite participer à la CAN, je pense que ça va être juste. Je serai peut être dans le groupe mais sur le banc. Je pense que je manque encore d’expérience, de maturité et surtout de matches en Ligue 1. »

Pour son entraineur Gernot Rohr, Selim est un bon milieu de terrain qui peut aussi évoluer en défense centrale. « Il a beaucoup de qualités mentales. Il est très motivé et en sans cesse en progrès« , a expliqué le sélectionneur national à Afrik-foot. Repéré lorsqu’il était à Boulogne-Billancourt par le Franco-Allemand, Selim a selon le sélectionneur « toutes les chances de réussir« . « Lorsque je l’ai vu jouer, j’ai voulu m’assurer qu’il était bien Gabonais. J’ai demandé à rencontrer son père pour m’assurer de sa nationalité. Sauf que ce dernier est Algérien, plaisante Gernot Rohr. Heureusement la maman est bien Gabonaise. » Ensuite tout à été très vite: « On l’a aidé le mieux qu’on pouvait. On l’a poussé à aller le plus loin possible. » Concernant l’équipe-type pour 2012, le patron des Panthères assure que « tout le monde a ses chances. L’équipe n’est pas encore faite. On a testé une quarantaine de joueurs jusqu’à présent. » Le sélectionneur n’a cependant pas exclu la possibilité pour le jeune Selim d’intégrer l’équipe nationale des jeunes pour les Jeux Olympiques de 2012. « Il a énormément progressé. Valenciennes a fait du bon boulot avec lui. Il peut encore progresser sur la technique. Avec un peu plus de concentration et de discipline, ça ira tout seul. »

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