Lassé du climat querelleur au sein du football namibien, l’entraîneur Ted Dumitru vient d’abandonner ses fonctions à la tête des Guerriers Courageux. En dépit de quelques réussites, il n’était pas parvenu à assurer leur qualification à la prochaine CAN ni au Mondial-2002.


L’entraîneur d’origine roumaine Ted Dumitru a démissionné mardi de ses fonctions à la tête des Brave Warriors (Guerriers Courageux), l’équipe nationale de football de Namibie, une semaine après l’élimination de cette formation de la course à la qualification pour la phase finale de Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2002. Cette défaite attendue, conjuguée à la dernière place de la Namibie dans son groupe C qualificatif au Mondial-2002, n’est pourtant pas la raison du départ pleinement volontaire de Dumitru.

Le  » coach  » namibien a expliqué, dans sa lettre de démission, qu’il n’acceptait pas la décision du président de la fédération (NFA) de réintégrer dans le groupe Robert Nauseb, un joueur que l’entraîneur avait exclu il y a quelques semaines pour indiscipline. La rebuffade de trop, pour un technicien habitué au respect et qui était parvenu à améliorer le jeu des Warriors.

Conflits permanents

Dumitru, arrivé en novembre dernier tout auréolé de ses succès en Afrique du Sud, où il entraîna notamment des équipes telles que Kaizer Chiefs, Sundown, Orlando Pirates ou Manning Rangers, semble s’être plaint constamment, depuis lors, de l’ambiance régnant autour des Brave Warriors, une équipe qui, malgré un potentiel évident, ne parvient pas à se hisser parmi les dix meilleures formations nationales africaines au classement de la FIFA.

Il y a deux mois, Dumitru avait lancé un vibrant appel au soutien populaire en faveur de son équipe, délaissée selon lui par les Namibiens. Il avait dû, peu de temps après, apaiser les conflits permanents qui sévissent parmi les entraîneurs du pays. Alors qu’il tentait de recruter deux adjoints, une dizaine d’entre eux lui avaient téléphoné afin de lui donner la liste de ceux leurs collègues avec lesquels ils excluaient de collaborer… Surtout, Ted Dumitru, dont chacun convient, en Namibie, qu’il a redonné du corps et du style au jeu de la sélection, a été contraint de se justifier en permanence dans la presse des critiques de toutes parts envers son travail.

Sur le plan sportif, la réputation de découvreur de talents du Roumain n’est pas parvenue, non plus, à compenser la mauvaise volonté des footballeurs expatriés à venir jouer avec leur sélection nationale, ni l’absence d’organisation de la NFA, qui convoquait régulièrement ces joueurs hors-délai.

Huit mois passés dans le rôle de Casque bleu du football namibien ont fini par donner la migraine à Ted Dumitru. C’est donc logiquement qu’il quitte sa tête aujourd’hui.