L’Etat veut changer le nom de la sélection, qui signifie  » douleur  » en langue myene. Les Gabonais espèrent ne plus être déçus par leur équipe nationale.


On ne l’appellera plus Azingo. Elle, c’est l’équipe nationale gabonaise de football, si souvent battue que le peuple, en amoureux fou déçu par sa belle, avait nommé  » douleur «  – sens du mot azingo en langue myene, l’un des quarante-six idiomes régionaux que compte le pays.

Le gouvernement a tapé du poing sur la table. A l’issue du dernier conseil des ministres, il a chargé Daniel Ona Ondo, le ministre des Sports, de revoir de fond en comble la politique footballistique. Celle-ci a abouti, croit-on sur place, à la défaite -dernière d’une longue série – concédée aux modestes Malgaches en éliminatoires du tournoi de sélection africain au Mondial 2002.

La feuille de route du ministre est déjà toute tracée. La création du Conseil supérieur du sport et d’un fonds spécial de soutien au sport, mais aussi la refonte de la fédération, des ligues et du championnat national, etc. figurent déjà dans le communiqué du Conseil des ministres. Quant à l’entraîneur brésilien Antonio Dumas, il a déjà fait ses valises et son remplaçant est activement recherché.

Aïe aïe aïe !

L’agence PANA nous apprend que la sélection a pris le nom d’Azingo en 1974, lorsque le ministre de tutelle de l’époque avait voulu exprimer la tristesse des Gabonais,  » dont l’amour excessif pour le football n’avait d’égales que les contre-performances de son équipe. «  Expression saisissante en effet, et prévoyante aussi !

C’est pour prévoir l’avenir, justement, que le gouvernement a également décidé d’offrir vingt bourses à de jeunes Gabonais qui intégreront des centres de formation à l’étranger.