Le Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne a décidé mardi de lever les sanctions imposées « à vie » à M. Tata Avlessi, ancien président de la Fédération de football du Togo (FTF). Les preuves de corruption dont il faisait objet sont « peu crédibles », selon le tribunal. Cependant, le bras de fer se poursuit entre la direction actuelle de la FTF et les pouvoirs publics se poursuit.


Notre correspondant à Lomé

« Les interdictions à vie prononcées à l’encontre de M. Tata Avlessi, sont levées par le TAS avec effet immédiat », indique le communiqué du tribunal. Les circonstances rendent « peu crédible » la réalisation d’un acte de corruption, ont conclu les juges du TAS, pour qui « la CAF n’a pas établi que M. Avlessi ce serait rendu coupable d’une tentative de corruption ».

Les juges ont en outre relevé de «sérieux vices de forme», estimant que le principe de la procédure contradictoire n’avait pas été respecté. « Le tribunal s’est étonné que le jugement de la CAF se soit fondé sur le témoignage à charge d’une seule personne alors que plusieurs témoins attenus à Lausanne ont rendu la culpabilité de la victime peu vraisemblables », peut-on également lire dans le communiqué de la TAS.

«Les déclarations, dignes de foi, des témoins présents à l’audience du TAS rendent la culpabilité de M. Avlessi peu vraisemblable», ont relevé les juges de Lausanne, qui notent également que «les circonstances entourant les soi-disant actes de corruption sont peu convaincantes».

La CAF est condamnée à verser à titre de réparation une somme de 12 millions de FCFA (environ 18.500 euros) à Tata Avlessi.

« La CAF a perdu le procès. La TAS a dit le droit. C’est une machination montée de toute pièce contre ma personne ; surtout l’arbitre togolais Attivi qui a été manipulé. L’honneur et la dignité n’ont pas de prix. La vérité a fini par triompher », a dit Tata dès l’annonce de la nouvelle.

A la question de savoir s’il est prêt à reprendre les rennes de la FTF, Tata Tata ne juge pas cette action prioritaire. « La fédération est une passion. Je ne sais pas pourquoi tout le monde s’agite pour le poste de Président de la fédération. Pour l’instant, revenir à la tête de la fédération n’est pas ma priorité. Cela m’importe peu », a-t-il martelé.

Le 2 septembre dernier, l’ex-président de la Fédération togolaise de football (FTF) a été sanctionné à vie par le jury disciplinaire de la CAF, avec « interdiction d’exercer toute activité relative au football » pour corruption d’arbitre lors de la Coupe d’Afrique des Nations U-17 disputée à Lomé du 10 au 25 mars 2007.

Depuis la suspension de Tata Avlessi, un Comité Provisoire de Gestion (CPG) a été mis en place par le Comité National Olympique (CNOT) pour gérer le football togolais. Mais en février dernier, la FIFA n’a pas reconnu ce bureau.

L’autre crise: le bras de fer FTF-CNOT et FTF et pouvoirs publics

Après l’épisode Tata, l’épineux problème qui se pose au football togolais est la reconnaissance de l’ancien-nouveau bureau constituant l’équipe dirigeante de la FTF. Ainsi, les différents protagonistes de la crise à la FTF sont conviés à une rencontre ce 12 Mars à Zurich en Suisse au siège de la FIFA. Chacun y va de ses interprétations pour savoir l’initiateur et les mobiles de cette rencontre. La « FTF relookée » dit ne pas être concernée par cette rencontre.

L’actuel bureau de la FTF dirigé par le réhabilité Gabriel Ameyi, dit n’avoir reçu aucune invitation officielle pour la rencontre de Zurich. « Cette rencontre vise à confronter les différentes positions en vue d’une clarification définitive du problème et de la recherche d’un consensus pour une réconciliation de tous les acteurs protagoniste de la crise. Le Togo a mieux à faire que de s’éterniser dans des crises répétées en football. L’Etat a des priorités qu’il entend privilégier mais une paix sociale est obligatoire dans tous les domaines y compris le sport et plus précisément le football », selon les autorités togolais.

La rencontre devrait avoir la participation du Président du CNOT, Zoumaro Gnofame, du Président par intérim, Gabriel Ameyi, du Président du CPG, Bernard Walla, du Ministre des Sports Antoine Folly, du représentant du Chef de l’Etat, Pascal Bodjona et d’un représentant de la CAF.

Le réel motif de ce refus de la FTF résulte du fait que ces derniers soupçonnent qu’un diktat leur soit imposé au terme des discussions à Zurich, selon une source proche de la FTF. Avec le refus de la FTF de participer à cette rencontre de ce 12 mars en Suisse le football togolais est encore loin de connaître la lumière.

 Carton rouge pour l’ex-President de la Fédération togolaise de football

 Football : Adagio Tata Avlessi nouveau président de la Fédération togolaise