La nouvelle est tombée comme un couperet : Lilian Thuram ne pourra pas rejoindre le PSG, parce que son coeur est trop gros. Il devient de plus en plus dangereux pour lui de disputer une rencontre de haut niveau.


Lilian Thuram, champion du monde de football sous les couleurs françaises, recordman de sélections en équipe de France, sportif engagé et généreux, aux allures d’intellectuel, risque fort de devoir mettre un point final à sa carrière de footballeur. Pour raison médicale.

Le risque cardiaque est particulièrement crédible, dans son cas, du fait de nombreux antécédents familiaux : son frère est mort sur un terrain de sport, lâché par son coeur. Or la maladie héréditaire qui semblait avoir épargné Lilan Thuram pourrait bien s’être réveillée. C’est en tous cas ce que redoute le médecin du Paris Saint-Germain, qui l’a examiné avant que le club ne signe son arrivée au Parc des Princes.

C’est surtout ce que redoutent tous ceux qui sont attachés à une certaine image du sportif de haut-niveau, homme libre qui utilise sa libeté pour s’exprimer sur la scène publique, homme intègre qui s’engage pour les causes qui méritent engagement, sans souci et sans peur, sans reproche. L’intellectuel des bleus chausse ses lunettes, et soudain il devient un sage. Son renom n’est pas né directement de sa réflexion intellectuelle, il provenait d’abord de son jeu, de ses qualités de défenseur, de sa technique et de sa réussite dans la mâtrise du ballon rond.

Mais Thuram sait dépasser le statut du sportif hors norme pour s’engager, expliquer ses convictions, défendre ce à quoi il croit. Il n’a pas peur de bousculer les idées reçues, d’égratigner Nicolas Sarkozy lui-même, de marquer les désaccords frontaux qu’il a parfois avec le pouvoir, en France.

De là à penser, comme beaucoup, que la vie de Thuram ne s’arrête pas là, et que même si son médecin l’empêche d’aller plus loin, balle au pied, sous les couleurs du PSG… On le retrouvera chef de file dans de nombreux combats politiques et civiques. C’est en tous les cas l’espoir de tous ceux qui écoutaient ses déclarations comme paroles d’évangiles, et qui se sentiraient deux fois trahis ou deux fois abandonnés s’il ne relevait pas ce défi-là !

Sans, naturellement, prendre aucun risque cardiaque!