Osimhen : ses débuts en Europe ont été un fiasco !

À 24 ans, Victor Osimhen performe comme jamais. Le Nigérian réalise une saison époustouflante avec Naples, aussi bien en Série A que sur la scène européenne. Et pourtant, ses débuts sur le continent européen étaient tout sauf idylliques. Retour sur son aventure à Wolfsburg, dont personne ou presque ne se souvient.

Viña del Mar (Chili) est la station balnéaire par excellence. Entre ses belles plages, ses jardins luxuriants et ses festivals de musique, il y a de quoi passer du bon temps dans cette ville située à 120 km au nord-ouest de Santiago de Chile. Mais si le jeune Victor Osimhen y est de passage en cette fin d’année 2015, ce n’est pas pour se détendre. Avec ses potes de la génération 1998, le jeune Golden Eaglet y dispute la Coupe du monde U17. Une compétition peu médiatique, mais qui peut constituer un véritable tremplin pour la suite. Et le succès est pour le moins fulgurant puisque les jeunes Nigérians s’adjugent le sacre final, au terme d’une finale 100 % africaine face au Mali (0-2). Sur le plan individuel, l’attaquant membre de la Ultimate Strikers Academy fera honneur à son institution : avec dix réalisations en sept matchs, il termine meilleur buteur de la compétition, loin devant l’Allemand Johannes Eggestein et ses quatre buts. Fait notable : il réussit la performance majuscule d’inscrire au moins un but par rencontre. L'avenir s’annonce radieux.

Mieux vaut prévenir que guérir

Cartonner lors d’un Mondial U17 n’est pourtant pas toujours annonciateur d'une belle carrière. Loin de là. Si les exemples sont légions (Léo Macao, Evandro Roncato, Freddy Adu…), celui qui est sans doute le plus parlant pour le cas Osimhen est probablement celui de son compatriote et aîné Emmanuel Sani. Finaliste de son Mondial U17 en 2009 avec cinq buts en cinq matchs et le titre de meilleur joueur, il signe ensuite à la Lazio de Rome mais n’aura pas la chance de jouer avec les pros. Sa carrière, gâchée en raison de problèmes de tendinites à répétition au tendon d'Achille, prendra fin après deux passages infructueux en Israël et en Suède. Il a alors à peine 23 ans. 

Heureusement, des destins plus idylliques après un Mondial U17 prometteur existent. Un autre Super Eagle, Kelechi Iheanacho, constitue un bon exemple. Élu meilleur joueur de l’édition 2013 qu’il remporte, le joueur de 26 ans compte 42 sélections en équipe nationale et évolue aujourd’hui en Premier League du côté de Leicester. On aurait aussi pu citer Cesc Fàbregas (édition 2003), Toni Kroos (2007) ou plus récemment Phil Foden (2017). 

Cap sur l’Allemagne

Quoi qu’il en soit, les performances de Victor Oshimen au Mondial chilien ne sont pas passées inaperçues. Wolfsburg se laisse tenter par le gamin de 19 ans. Blessé durant ses premiers mois, il découvre tout de même la Bundesliga sur la fin de saison 2016/17 (trois apparitions). Barré par la concurrence la saison suivante (Bas Dost, Mario Gómez et Divock Origi), il ne prend part qu’à 12 rencontres et reste muet. Inutile de préciser qu’avec ce bilan comptable forcément décevant, le passage du Nigérian dans le club allemand ne restera pas dans les annales. 

Mais sans rancune : “Ça n'a pas marché, mais jamais je ne parlerai de cette expérience comme d'un échec. C'était une phase d'apprentissage. Je les remercie d'avoir voulu tenter le coup avec moi.” confiait avec sagesse le Nigérian à France Football, en mars dernier

Maintenant, il faut envisager la suite. Même si le Super Eagle a fait ses premiers pas en pro, les portes restent closes : “Je me suis heurté à tellement de refus… C'était dur pour mes proches. Je les voyais retenir leurs larmes. Je venais de passer de meilleur buteur de la Coupe du monde U17, que tous les agents s'arrachent, au gars dont le téléphone ne sonne plus. Je leur disais de ne pas s'en faire, que c'était le foot. Mais j'avoue que ça en devenait démoralisant.”

Le rebond belge puis la consécration

La pépite nigériane ne cogitera finalement pas des mois. Le Sporting Charleroi, qui évolue dans le championnat belge, dégaine son téléphone et recrute l’attaquant dans le cadre d’un prêt d’un an. Revanchard, le Super Eagle dégomme tout sur son passage : 20 buts en 36 matchs. Direction Lille, dans le championnat français, où il est recruté pour 3,5 millions d'euros. Le palier n’est pas trop grand pour Osimhen, qui conserve son efficacité dans le Nord (13 buts en Ligue 1) malgré une saison tronquée par le Covid. Il découvre aussi les joutes européennes (2 buts en Ligue des Champions). 

Sa côte grandit de plus en plus. Naples lui jette son dévolu et le débauche pour 71,3 millions d'euros un an plus tard. Si les deux premières saisons sont prolifiques (10 puis 18 buts TCC), la troisième, celle en cours donc, est d’un standing encore supérieur. Le Super Eagle a déjà planté 21 buts en Série A et 4 buts en Ligue des Champions. Naples caracole en tête du classement avec un confortable matelas d’avance à huit journées de la fin (+14 points sur la Lazio) et devrait, sauf cataclysme, remporter son premier titre de Série A depuis la saison 1989/1990. L'époque d’un tout autre football, celle d’un certain Diego Maradona… 

La fin de cette saison magique pour Osimhen et tout le peuple napolitain se profile à grande vitesse. Quid de l’avenir de l’actuel meilleur buteur de Série A ? S’il clame son amour pour le maillot bleu ciel, les convoitises sont nombreuses. Le Paris-Saint-Germain serait sur les tablettes, tout comme le Bayern Munich, où le canonnier du Nigeria (24 sélections, 15 buts) est de plus en plus pressenti ces derniers temps. Naples, qui n'est pas prêt à lâcher sa pépite aussi facilement, a fixé son prix à… 140 millions d'euros.

Mais en attendant d’en savoir plus sur son avenir, le buteur du Napoli tentera de faire parler la poudre ce mardi à l’occasion du quart de finale retour de la Ligue des Champions, où les hommes de Luciano Spalletti essaieront de renverser le score du match aller (1-0) dans un choc 100 % transalpin face au Milan. Comment dit-on “frissons” en italien ?

Osimhen : ses débuts en Europe ont été un fiasco !
Anthony Olivier

Explorateur et gratte-plume du football africain, j'aime brosser le portrait des nouvelles pépites du continent.