Rarement une finale de CAN aura suscité autant d’attentes dans les pays concernés. D’un côté, l’Algérie, qui atteint ce niveau pour la première fois depuis 29 ans et 1990, année de son unique sacre, et qui voit dans la compétition un prolongement de sa mobilisation citoyenne réclamant un changement politique. De l’autre, le Sénégal qui a l’occasion de mettre enfin la main sur sa première couronne continentale 17 ans après son unique tentative en finale soldée par un échec en 2002 (défaite 0-0, 2-3 tab contre le Cameroun).

Dans les deux pays, cela fait plusieurs jours déjà qu’on ne vit qu’au rythme de cette finale avec des scènes de liesse au gré du parcours de la sélection et un festival de klaxons et de drapeaux dans les rues. Côté algérien, on a sorti les grands moyens et 28 avions transportant 4 800 supporters ont été affrétés pour se joindre aux 3 000 fans déjà présents sur place.

Feghouli va jouer pour le peuple, Mané aussi…

«On joue pour les couleurs et pour le peuple algérien, on va tout donner sur le terrain», a résumé Sofiane Feghouli pour beIN Sports. «Cette finale on va la jouer pour eux aussi, ils ont dépensé beaucoup d’argent pour venir nous voir et maintenant grâce aux réseaux sociaux on a une idée de ce qui se passe ailleurs, ce qu’on voit c’est quelque chose de positif pour nous et j’espère qu’on aura ce titre.»

Le discours est presque le même chez Sadio Mané côté sénégalais, même si le contexte socio-politique est évidemment moins explosif. «Gagner cette CAN ? Je pense que c’est le rêve de tout un chacun ici. On est vraiment conscients de cela. Maintenant, on est en finale, il n’y a plus de calcul. Il faut se donner à fond et aller chercher la coupe. C’est évident que la pression soit présente dans l’esprit des Sénégalais, c’est normal et c’est ce qui fait la beauté du foot. Mais, inch’Allah nous allons ramener la Coupe», a promis l’ailier de Liverpool. Voilà qui marquerait la fin d’une si longue attente…