On va enfin savoir qui va succéder au Cameroun ! Ce vendredi, le Sénégal et l’Algérie se retrouvent pour la grande finale de la CAN 2019 au Stade International du Caire (coup d’envoi à 19h GMT, soit 21h en France). Présentation de cette affiche dont beaucoup de monde rêvait.

– Le contexte

Depuis 10 jours environ et les éliminations coup sur coup du Maroc et de l’Egypte, c’est la finale que tout le monde avait envisagé ! D’un côté, le Sénégal, qui figurait déjà parmi les principaux favoris au coup d’envoi de la compétition et qui a tenu son rang tant bien que mal. Les Lions s’appuient davantage sur leur solidité défensive (un but encaissé en 6 matchs) que sur leur impressionnant potentiel offensif, même si Sadio Mané boucle une CAN tout à fait satisfaisante à défaut d’être transcendante (3 buts et une passe décisive en 5 matchs). Les Sénégalais sont passés dans un trou de souris face à la Tunisie en demies (1-0, a.p.) en ayant été sérieusement bousculés. Un rappel qui tombe à pic avant cette finale.

En face, l’Algérie a retrouvé de sa superbe sous l’impulsion du sélectionneur Djamel Belmadi, qui a radicalement changé cette équipe et très vite trouvé son onze type dans cette CAN pour enchaîner les victoires (4 succès, 9 buts marqués et aucun encaissé lors des 4 premiers matchs). Cela s’est compliqué à partir des quarts mais les Fennecs ont su faire preuve de mental pour arracher la qualification aux tirs au but contre la Côte d’Ivoire (1-1, 4-3 tab) puis grâce à un superbe coup franc de Mahrez à la 94e minute en demies contre le Nigeria (2-1).

– Koulibaly et Atal, les deux grands absents

Confronté à la blessure de son gardien titulaire Edouard Mendy depuis le 3e match de poules, le Sénégal a su trouver en Alfred Gomis un suppléant globalement convaincant et ce poste n’inquiète pas véritablement. En revanche, la suspension du patron de la défense centrale, Kalidou Koulibaly, pour cumul d’avertissements, va poser un immense problème à Aliou Cissé qui va certainement opter pour une charnière composée de Cheikhou Kouyaté et de Salif Sané.

En face, il faudra à nouveau composer sans Youcef Atal, dont la CAN s’est achevée en quart suite à une fracture de la clavicule, mais Mehdi Zeffane réalise pour l’instant un intérim satisfaisant dans le couloir droit.

– Avantage psychologique pour l’Algérie ?

Avec 3 victoires contre 1 nul, l’Algérie domine distinctement le bilan des confrontations entre les deux équipes à la CAN, surtout que le dernier match est intervenu pas plus tard que le 27 juin en phase de groupes (1-0, but de Youcef Belaïli à la 49e minute). Les Sénégalais étaient globalement passés à côté de leur sujet, mais un penalty oublié pour une faute sur Sadio Mané ne les avait pas aidés… De quoi imaginer des Lions revanchards ?

«Je n’aime pas trouver des excuses, mais tout le monde a constaté ce qui s’est passé dans ce match. Maintenant, on est tous les deux en finale. J’estime que ce n’est pas une revanche mais plutôt une motivation de plus pour aller les battre. On a ce qu’il faut pour les battre et on fera tout. Si Dieu le veut, on va les battre», a glissé Mané à la BBC. A noter que sur 4 précédents à la CAN, on ne recense qu’une équipe battue en groupes qui est parvenue à renverser la vapeur en finale contre son ex-bourreau (le Zaïre en 1968).

– L’arbitre surveillé de près

Après avoir dans un premier temps désigné le Sud-Africain Victor Gomes, la CAF a changé d’avis à 48h de la finale et finalement jeté son dévolu sur le Camerounais Alioum Alioum (aussi appelé Alioum Néant en raison d’une erreur administrative de la part de la FIFA) pour officier lors de cette affiche. Ce brusque revirement n’ayant pas été justifié par l’instance, les spéculations vont bon train sur les réseaux sociaux… Officiel expérimenté qui dirige sa 5e CAN, le Camerounais devra passer outre ces soupçons pour réussir ce qui constitue le match le plus important de sa carrière.

Les compositions de départ :

Sénégal : Gomis – Gassama, Kouyaté (c), S. Sané, Sabaly – Gueye, Saivet, P.A. Ndiaye – Sarr, Niang, Mané.

Algérie : M’Bolhi – Zeffane, Mandi, Benlamri, Bensebaini – Feghouli, Guedioura, Bennacer – Mahrez (c), Bounedjah, Belaili.

– Le parcours du Sénégal : victoire 2-0 contre la Tanzanie, défaite 1-0 face à l’Algérie, victoire 3-0 contre le Kenya ; victoire 1-0 face à l’Ouganda en 8es ; victoire 1-0 contre le Bénin en quart; victoire 1-0 contre la Tunisie après prolongation en demies.

– Le parcours de l’Algérie : victoire 2-0 contre le Kenya, victoire 1-0 face au Sénégal, victoire 3-0 face à la Tanzanie ; victoire 3-0 contre la Guinée en 8es ; qualification (1-1, 4-3 tab) contre la Côte d’Ivoire en quart; victoire 2-1 face au Nigeria en demies.

– Des supporters algériens en renfort !

Après avoir mis en place 4 avions de supporters pour les quarts de finale puis 10 avions pour les demies, l’Algérie va se surpasser pour cette affiche puisque 28 avions transportant 4 800 supporters ont été affrétés pour se joindre aux 3 000 fans déjà présents sur place ! Côté tribunes, les Fennecs devraient donc avoir l’avantage. Reste tout de même à savoir derrière qui se rangera le public égyptien, qui entretient des rapports compliqués avec l’Algérie.

– Remettre les pendules à l’heure

C’est la première fois depuis 29 ans et 1990, année de son unique sacre, que l’Algérie atteint ce niveau. De son côté, le Sénégal a l’occasion de mettre enfin la main sur sa première couronne continentale 17 ans après son unique tentative en finale en 2002, soldée sur un échec face au Cameroun (0-0, 2-3 tab).

– Cissé et Belmadi, de si vieilles connaissances…

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sélectionneur algérien et son homologue sénégalais ont tous deux grandi dans la même ville, à Champigny-sur-Marne, dans le département du Val-de-Marne. C’est la cité natale de Belmadi, tandis que Cissé a rejoint la ville à l’âge de 9 ans avec sa mère, en provenance du Sénégal. «C’est une ironie du sort extraordinaire de se retrouver», a commenté Belmadi que Cissé avait qualifié «d’ami» en mars.

Ils ont dit :

Aliou Cissé, sélectionneur du Sénégal – «Crainte, phobie… C’est trop dire, on reste dans le cadre du football, nous avons juste connu un faux-pas face à l’Algérie. Cette défaite nous a permis de nous remobiliser.(…) Nous n’avons aucune pression qui nous tétanise. Nous sommes heureux d’être là.»

Djamel Belmadi, sélectionneur de l’Algérie – «On essaie de préparer la finale comme tous les autres matchs, la concentration se fait d’elle même. Le ressenti des joueurs et leur approche est très clair, même pas besoin d’en rajouter. Le discours restera entre moi et les joueurs mais vous vous doutez qu’on se prépare pour gagner. Nous sommes prêts à 200% physiquement. (…) Le match de groupe et celui-là sont totalement différents. Le premier match n’était pas décisif alors que là c’est décisif, c’est une finale.»