Le bus de la sélection togolaise de football a été mitraillé ce vendredi à la frontière du Congo et de l’Angola, où doit commencer dimanche la Coupe d’Afrique des Nations.


Une honte. Le car transportant l’équipe nationale du Togo, qui s’apprête à disputer la CAN, a été mitraillé par des rebelles alors que la sélection rejoignait l’Angola. Le véhicule ralliait Kabinda lorsque les joueurs ont essuyé une rafale.

« Je vais plutôt bien mais plusieurs joueurs sont dans un sale état, a expliqué Thomas Dossevi sur les ondes de RMC. On est toujours à l’hôpital. On s’est fait mitrailler comme des chiens et on a dû rester 20 minutes couchés sous les sièges pour éviter les balles. » A croire les premiers témoignages, deux joueurs seraient gravement blessés, Serge Akakpo et Kodjovi Obilalé. Mais ce ne sont pas les seuls : l’entraîneur des gardiens, le docteur, l’intendant chargé de la communication ainsi que l’entraîneur-adjoint ont également été touchés grièvement. Le sélectionneur français Hubert Velud a lui été touché au bras.

Les joueurs à l’hôpital

Le défenseur du Togo Richmond Forson s’est voulu rassurant sur Infosport après le mitraillage du bus de son équipe, affirmant qu’il n’y avait « pas de risque de décès » dans la délégation togolaise.

« Tout se passe bien », a indiqué Forson, à propos de l’hospitalisation des membres de la délégation togolaise touchés, joueurs et encadrement. « C’est le bus de bagages qui est passé avant nous et qui a pris des balles, car ils croyaient que nous étions dedans, ils ont tiré sur le chauffeur de ce bus et je pense qu’il ne s’en est pas sorti, le pare-brise était cassé », a-t-il poursuivi.

Contacté par Afrik.com , le défenseur des Eperviers a avoué son incompréhension quant à cet acte: « C’est inadmissible », a-t-il affirmé. C’est dur, on essaie de rester souder, de rester ensemble. On ne sait pas encore ce qu’on va faire. On est fatigués, c’est dur. » D’après les dernières informations qui nous sont parvenues par le joueur de Thouars, Obilalé, gardien remplaçant de la sélection, serait encore sur la table d’opération. Les autres membres de la délégation togolaise ne sont pas encore réveillés.

Le Togo ne veut pas jouer

De source proche de la sélection togolaise, on a très vite su que le chauffeur de bus, qui avait conduit la délégation d’Adebayor et ses partenaires du Congo à l’Angola, était décédé après avoir été mitraillé. Ce drame a eu lieu vers 15h.

Les deux véhicules de police angolais qui encadraient les deux bus transportant les joueurs, l’équipe technique et les bagages, ont riposté vigoureusement, repoussant ainsi les assaillants, et ont ensuite escorté les joueurs et le staff vers l’hôpital le plus proche. Ce grave incident risque de remettre en question la participation du Togo à la CAN et plus globalement le déroulement de la compétition en elle-même. « On ne réfléchit pas encore aux recours possibles, mais c’est vrai que personne n’a envie de jouer. On n’en est pas capable », a confié, visiblement sonné, Dossevi. De son côté, le Grenoblois Alaixys Romao a lui déclaré que « le Togo ne voulait pas jouer cette CAN. » « Si on peut boycotter la CAN autant le faire, a expliqué le joueur du GF 38. Si on peut annuler tous les matches, pourquoi pas. On ne pense qu’à rentrer à la maison. »

Les Forces de Libération de l’Etat du Cabinda/Position Militaire, un groupe armé qui se bat pour l’indépendance du Cabinda, une enclave angolaise au Congo, a revendiqué le mitraillage des deux bus de la délégation togolaise. « Cette opération commando n’est que le début d’une série d’actions ciblées qui va se poursuivre sans arrêt sur l’ensemble du territoire du Cabinda », affirme un communiqué publié par les rebelles.

Or c’est dans cette enclave angolaise en terre congolaise que doivent se dérouler les matchs des quatre équipes du groupe B (Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Burkina Faso). Un représentant de la Fédération Africaine de Football se rendra dans les prochaines heures à Cabinda pour juger de lui-même des conditions de sécurité assurées… et de la possibilité de laisser les rencontres du Groupe B s’y dérouler.

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